Une amende élevée équivaudrait à une peine de mort pour le Port de Dalhousie

Le président-directeur général du Port de Dalhousie soutient qu’une amende élevée, imposée relativement à la mort d’un employé en 2016, pourrait forcer l’organisation à mettre la clé sous la porte.

Le PDG du Port de Dalhousie, Chris Cochrane, a été appelé à la barre des témoins jeudi au Palais de justice de Campbellton afin de conclure les représentations des avocats dans le dossier de l’accident de travail mortel de Richard Bernard survenu le 23 juin 2016.

Il opérait une chargeuse sur le site d’entreposage de copeaux de bois du port lorsque celle-ci a chaviré suite à une manœuvre et fait une chute d’environ 40 pieds. L’accident a été fatal pour son occupant.

Le port a plaidé coupable aux accusations de ne pas avoir mis en œuvre des mesures assurant la sécurité de ses employés et de ne pas avoir fourni de l’équipement sécuritaire. En février, les avocats des deux parties avaient effectué leurs recommandations à la juge Suzanne Bernard.

Jeudi, la Couronne a toutefois voulu interroger à nouveau le PDG afin d’obtenir plus d’informations sur la situation financière actuelle du port et les impacts possibles d’éventuelles amendes.

Dans son témoignage, le PDG a admis que les finances de son organisation sont particulièrement précaires en ce moment.

«La dernière année a été très difficile. Nous luttons continuellement pour notre survie», a-t-il indiqué à la juge.

Il faut dire que le port fait face à des amendes salées par rapport à cet accident de travail. La Couronne avait suggéré un montant de 200 000$ (100 000$ par accusation) alors que la défense proposait plutôt un total variant entre 50 000$ et 75 000$.

«Toute amende à ce stade-ci aura une incidence très importante sur l’avenir du port. Il n’y a plus de marge de manœuvre où couper», a indiqué M. Cochrane, soulignant que depuis janvier, il n’est plus que le seul employé restant au port, et ce, à temps partiel, une mesure qu’il s’est lui-même imposée afin que l’entité puisse continuer ses opérations. Il soutient également que le port pourrait avoir besoin d’une longue période de temps – plusieurs années – pour pouvoir s’acquitter d’une future amende, quelle qu’elle soit.

Même s’il dit souhaiter une amende moins salée que celle proposée par la Couronne, M. Cochrane soutient qu’il ne s’agit aucunement d’une tentative de diminuer la gravité de la tragédie survenue en 2016.

«Peu importe l’amende, le résultat est qu’un homme a perdu la vie et ça, ça n’aurait jamais dû survenir du départ. On doit vivre avec ça et on se sent très misérable», a souligné le PDG.

Toujours au niveau des finances, M. Cochrane a indiqué à la cour que le port était en pourparlers avec une entreprise pour l’obtention d’un contrat d’exportation de bois. S’il se réalise, ce projet ferait en sorte que l’organisation louerait ses installations portuaires à cette entreprise, ce qui pourrait le potentiel de créer – selon lui – une cinquantaine d’emplois dans la région tout en assurant des revenus fixes pour le port.

Le PDG considère très bonnes les chances du port d’obtenir ce contrat. Il devra être fixé sur la question d’ici la fin mai.

La juge Bernard fera pour sa part connaître sa décision le 17 mai.