Cannabis au travail: «Il faut encourager une discussion franche et ouverte sur le sujet»

Les entreprises du Nouveau-Brunswick auraient intérêt à se doter d’une politique sur l’utilisation du cannabis au travail, croit un spécialiste du droit du travail et de l’emploi.

Joël Michaud, un avocat de Fredericton et l’associé directeur de la firme Pink Larkin, estime que la mesure est nécessaire depuis la légalisation au pays du cannabis à usage récréatif.

«Il faut encourager une discussion franche et ouverte sur le sujet», plaide celui qui était l’invité lundi du repas d’affaires organisé par la Chambre de commerce de la région d’Edmundston.

Devant de nombreux convives issus du milieu des affaires et de la scène politique, le conférencier s’est attardé au défi que peut représenter la gestion des risques de la consommation du cannabis au travail.

Selon lui, la société et les institutions prendront du temps à s’adapter à cette réalité.

«Il manque un consensus au niveau de l’interprétation des résultats de tests de dépistage et une technologie adaptée qui permettrait de déterminer des liens entre ces résultats et l’impact pour les employés», estime Me Michaud.

«Cette situation devrait s’être stabilisée d’ici cinq ans, mais pour l’instant la science n’est pas là.»

À son avis, la légalisation du cannabis à usage récréatif ne semble pas avoir créée de malaises au sein des entreprises dont certaines craignaient devoir composer avec des employés présents sous l’influence du cannabis.

Joël Michaud dit toutefois que les entreprises doivent préconiser la tolérance zéro.

«La possession de produits de cannabis sur les lieux de travail, sa consommation durant les pauses et même lors d’événements sociaux à l’extérieur n’ont pas leur place dans une entreprise. Il faut voir à interdire le travail sous l’influence du cannabis et même encourager les employés à dénoncer leurs collègues de façon confidentielle», a affirmé celui qui pratique le droit au Canada Atlantique et au Québec.

Statu quo

Appelé à commenter cette nouvelle réalité, le propriétaire du Marché Donat Thériault IGA Extra d’Edmundston dit préconiser le maintien d’un certain statu quo.

«Ce que font les employés en dehors de leurs heures de travail ne me regarde pas en tant qu’employeur. Là où ça peut changer, c’est lorsqu’il est question de consommation et de métiers dangereux», a affirmé Daniel Thériault.

Joël Michaud a d’ailleurs cru bon de rappeler que les employeurs ont l’obligation d’assurer la santé et la sécurité de leurs salariés et de voir au respect de la loi sur la sécurité au travail par ces derniers.

Selon lui, il peut être nécessaire d’effectuer un contrôle plus sévère auprès de certains employés tout en identifiant les postes de travail qui sont les plus à risque.

Poursuivant au sujet des mesures pouvant être mises en place, Me Michaud s’est toutefois fait plus conciliant en livrant un plaidoyer en faveur d’accommodements tels que l’octroi de congés sans solde et l’implantation de programmes d’aide aux travailleurs touchés par une consommation abusive d’alcool ou de drogues.