La nouvelle église de Bas-Caraquet pourra servir de refuge en cas d’urgence

Plusieurs le voient comme une église avec un centre communautaire. D’autres l’évaluent davantage comme un centre communautaire avec une église. Peu importe l’angle, le Village de Bas-Caraquet est heureux d’une chose: que le projet de la nouvelle église Saint-Paul comprend également un centre de rassemblement en cas d’urgence.

Il y a l’histoire connue. L’incendie du lieu de culte centenaire et patrimonial, en juin. Les débats à savoir si l’on allait conserver ou non les ruines calcinées. La démolition des murs de pierre en janvier. Et le dévoilement des plans d’un nouvel édifice multifonctionnel en avril.

Mais il y a aussi celle qui est moins connue. Elle raconte les négociations du Village avec le Diocèse de Bathurst afin de doter la nouvelle structure de toutes les commodités nécessaires en cas d’une urgence semblable à la crise du verglas de 2017.

Le Village a discuté pendant quelques semaines avec monseigneur Daniel Jodoin et son équipe concernant le contenu de la structure.

«Il y avait une salle communautaire, mais nous avons travaillé pour obtenir une salle d’urgence, a admis le maire Roger R. Chiasson. Ce que ça nécessitait de plus était des douches, une cuisine commerciale et la possibilité d’y installer une génératrice. Ce sont des choses dont nous avons jasé avec le Diocèse.»

Compte tenu des expériences vécues pendant la crise du verglas, le Village de Bas-Caraquet cherchait un endroit disponible et fonctionnel pour y loger ses citoyens en période difficile.

Comme il n’est plus possible d’utiliser l’école en tant que lieu de réchauffement selon les directives de l’Organisation des mesures d’urgence, la possibilité de transformer le centre communautaire de la nouvelle église en espace d’urgence semblait alors toute désignée.

Sans dire que le Village a négocié des détails qui sont loin d’être anodins en échange du terrain annexé à l’ancienne église et sur lequel reposeront les bases du nouveau lieu de culte, le maire a soumis ses idées aux concepteurs des plans.

«On n’a pas eu à négocier, mais nous avons discuté. Et il y avait une ouverture. Est-ce un centre communautaire avec une église ou une église avec un centre communautaire? C’est jouer avec les mots. Nous, nous le voyons comme une église avec un centre communautaire qui pourra servir de lieu d’urgence», rappelle le maire.

«Lors de la crise du verglas, nous avons utilisé l’école L’Escale-des-Jeunes. Mais selon les nouvelles mesures d’urgence, il faut garder les écoles comme lieu d’éducation. Ça devenait donc important de compter sur un endroit dans lequel on aurait de l’électricité, une cuisine, etc.», a poursuivi M. Chiasson.

Certaines options sur la table

Ces modifications ont aussi un prix. Un prix qui aurait fait déborder un peu la somme disponible venant des assurances. C’est pourquoi certaines options sont sur la table et pourraient être mises de côté en faveur des équipements d’un lieu d’urgence, indique le maire.

«Il y aura un peu de gymnastique de la part du Diocèse de Bathurst afin de savoir ce qui devra passer avant d’autres choses. Nous voulons aussi collaborer pour les éléments communautaires à mettre en place. On va regarder ce que nous pouvons faire du côté de la génératrice et de certaines installations, par exemple. On comprend que c’est d’abord une église, mais il y a peut-être des programmes disponibles afin d’aller chercher l’argent nécessaire pour ces équipements. On y tient parce que c’est rassurant pour une communauté d’avoir un centre d’urgence disponible hiver comme été. On va évaluer les coûts et on va regarder de quelle manière nous pourrons aider», explique le maire de Bas-Caraquet.

La construction de la nouvelle église devrait débuter en juillet et se terminer en août 2020.