Le monde de l’humour rend un dernier hommage à Martin Saulnier

La disparition de Martin Saulnier est un choc pour la scène culturelle acadienne. Humoriste et comédien au Pays de la Sagouine, l’homme de scène inspirait ceux qui l’entouraient par sa passion et son humanité.

Le talent acadien s’est éteint à l’âge de 40 ans. C’est un pilier de l’humour qui quitte l’Acadie.

«C’est lui qui organisait les soirées, qui nous encourageait, nous donnait des petits conseils. Il était derrière à peu près tout ce qui se passait dans le monde de l’humour, raconte l’humoriste amateur Yves Doucet.

«Martin travaillait très fort pour raffiner ce qu’il allait lancer au public. Il se donnait la responsabilité d’offrir le meilleur de lui-même. Il poussait les autres humoristes à devenir meilleurs, il croyait en nous autres plus qu’on croyait en nous-mêmes. Il avait le goût sincère de se lier d’amitié avec tout le monde. Il était plein d’humanisme et de bienveillance, il croyait que fondamental les gens étaient bons. Même dans ses taquineries, il y avait quelque chose de chaleureux.»

Martin Saulnier avait remporté le concours amateur L’Acadie juste pour rire! en 2016. En février, il avait participé aux Rendez-vous de la Francophonie, en Alberta, avant se produire plus récemment en Ontario et au Québec.

Martin “Ti-Loup” devait aussi rejoindre la troupe du Pays de la Sagouine pour la saison estivale. Atteint de dystrophie musculaire, il intervenait auprès des écoles pour témoigner de l’importance de la persévérance et de poursuivre ses rêves.

L’humoriste et réalisateur André Roy salue un modèle de résilience. «On n’aurait pas prédit qu’il aurait été capable de marcher mais il a mené ce combat toute sa vie. C’est une source d’inspiration. Il ne voulait jamais qu’on le prenne en pitié et refusait de se servir de sa condition comme d’une excuse», se souvient-il.

Celui qui a popularisé le stand-up à l’américaine au Nouveau-Brunswick se produisait autant en français qu’en anglais. Il nourrissait d’ailleurs le projet de déménager à Montréal et de percer dans la métropole.

L’humoriste avait le don de charmer le public, mentionne André Roy, ce qui lui permettait de s’aventurer à l’occasion dans un humour plus grinçant et provocateur. «Comme comédien, il était bon, efficace, punché, drôle, travailleur. C’était un éclaireur, il savait voir du talent et du potentiel dans les gens. Il y en a peu en Acadie qui, comme lui, se dédient corps et âme au stand-up. Pour certains, l’humour c’est un hobby, pour Martin, c’était son bébé.»

La nouvelle de son décès a été difficile à encaisser pour Sébastien Lévesque. L’animateur de BO FM a souvent côtoyé l’humoriste, derrière le micro et sur les planches.

«Martin était un homme passionné de stand-up, il avait décidé d’en faire sa vie. Il était généreux, attentionné et très organisé. Il voulait voir de nouveaux humoristes réussir et se dépasser», mentionne-t-il.

«C’était une belle et bonne personne et il laisse derrière lui un énorme vide, non seulement dans le monde de l’humour en Acadie, mais dans le coeur de tous les gens qui l’ont connu.»

La cause du décès du comédien n’a pas été confirmée jusqu’à présent.