Le Nouveau-Brunswick frappé par des inondations printanières

La capitale néo-brunswickoise et ses environs sont touchés par la montée des eaux, qui a forcé plusieurs évacuations et la fermeture de nombreuses routes. Dans le Nord-Ouest, les communautés avoisinant le fleuve Saint-Jean sont elles aussi en état d’alerte.

Dimanche après-midi, le niveau d’eau du bassin de la rivière Saint-Jean a atteint les 8 mètres dans la région de Fredericton, 1,5 mètre au-dessus du niveau d’inondation. Les communautés de Maugerville, Jemseg et Sheffield-Lakeville Corner sont également affectées.

«Des résidents sont touchés par l’inondation de leur sous-sol, des routes ont été fermées et plusieurs personnes ont évacué leur domicile. Certains sont tiraillés entre leur volonté de protéger leur maison et leurs biens et le besoin de préserver leur sécurité», décrit Greg MacCallum, directeur de l’organisation des mesures d’urgence du N.-B. Dimanche après-midi, environ 55 routes de la province étaient partiellement recouvertes d’eau, et 36 d’entre-elles ont été fermées à la circulation.

Les résidents du Nord-Ouest peuvent souffler, alors que l’embâcle qui s’était formé sur le fleuve à la hauteur d’Edmundston a cédé. Reste que les niveaux d’eau sont toujours préoccupants dans la région de Clair, Saint Hilaire et Edmundston, dans le Nord-Ouest. Selon les prévisions actuelles, le niveau d’inondation pourrait être dépassé dès lundi dans ce secteur.

L’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick prévient que la montée des eaux devrait se poursuivre au cours des trois prochains jours, alors que la fonte des neiges est accompagnée d’importantes précipitations. «Les résidents des autres communautés situées le long de la rivière Saint-Jean doivent demeurer en état d’alerte pour les prochains jours», précise-t-on dans un communiqué.

Les autorités gardent aussi un oeil sur les rivières Restigouche, Middle et Tetagouche qui pourraient sortir de leur lit.

L’aide aux résidents s’organise

Les Forces armées canadiennes ont été appelées en renfort dans la région de Fredericton. Le lieutenant-colonel Sean French, commandant du 2e Bataillon Royal basé à Gagetown, précise que 120 soldats ont été dépêchés sur le terrain dimanche.

Les troupes se sont chargées de remplir placer des sacs de sable, de distribuer de l’eau potable et de faire du porte-à-porte pour s’assurer de la sécurité des riverains.

De son côté, la Croix-Rouge canadienne travaille à l’établissement d’un centre d’accueil au Centre Sainte-Anne à Fredericton, pour accueillir les résidents touchés qui n’auraient pas accès à un toit.

Lors d’une mise à jour sur la situation, le ministre de la Sécurité publique, Carl Urquhart, a conseillé aux conducteurs d’éviter de s’aventurer sur des routes inondées, car l’eau peut être plus profonde qu’elle ne le semble et dissimuler des trous. Il appelle aussi les citoyens à rester à l’affût de la présence sur les routes d’animaux, qui chercheront un terrain plus élevé alors que leur territoire naturel est recouvert d’eau.

Le ministre Urquhart déconseille surtout toute activité de loisir sur l’eau, en raison de l’intensité du courant et de la présence de débris.

Pas d’état d’urgence

Jusqu’à présent, la situation est loin d’être aussi critique qu’en 2018. Le premier ministre Blaine Higgs a indiqué dimanche que la province n’entend pas déclarer l’état d’urgence pour l’instant.

«Nous continuerons à avoir des discussions quotidiennes à ce sujet avec les responsables de la Sécurité Publique. Pour le moment, cela n’est pas nécessaire, nous avons suffisamment de ressources à notre disposition», explique-t-il.

«Il s’agit d’une situation difficile et dangereuse et nous ne sommes pas sortis du bois. Les prochains nous en diront plus sur l’ampleur de cet événement. Nous avons l’avantage d’avoir appris et d’avoir gagné en expérience depuis l’année dernière.»

M. Higgs invite la population à faire preuve de prudence mais aussi de solidarité. «Nous appelons les résidents vivants près des zones inondées à prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger leurs résidences et leurs biens et à évacuer si nécessaire. Les résidents doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls en ces temps difficiles. Les personnes touchées ne doivent pas hésiter à demander de l’aide et à aider leurs voisins.»