Les homardiers trépignent d’impatience

Les trappes emplissent les quais. Les pêcheurs mettent la dernière touche à leurs navires. L’aéroglisseur de la Garde côtière canadienne vient briser les glaces. Les signes ne mentent pas: la prochaine saison de pêche au homard approche!

Si les homardiers trépignent d’impatience à l’idée de mettre leurs casiers à l’eau, ils devront peut-être se garder une petite gêne. Prévue pour le 1er mai, l’ouverture de la saison pourrait être retardée de quelques jours, en raison des glaces qui tardent à prendre le large.

L’hiver a été dur sur terre. Sur mer aussi.

Robert DeGrâce s’affaire à nettoyer son bateau, dans la cour arrière de sa résidence à Grande-Anse. Lui et Maurice Dugas finissent d’installer le caisson de survie, maintenant obligatoire depuis juillet 2018.

Maurice Dugas et Robert DeGrâce finissent d’installer le caisson de survie, maintenant obligatoire sur les navires côtiers. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Ses trappes sont prêtes à prendre la mer. Ça fait déjà plusieurs semaines que le capitaine du GDM Chandaru vérifie son équipement.

«On est prêt. J’attends juste d’aller porter mon bateau au quai. Ça devrait se faire en fin de semaine. J’ai hâte de tout mettre à l’eau. Aller porter les trappes, c’est la grosse job.», dit-il avec enthousiasme, fort d’une expérience de plus de 25 ans.

Quant au nouvel équipement de survie, il dit bien s’accommoder de cet outil de sécurité.

«Je ne sors jamais par mauvais temps, mais on peut toujours en avoir besoin. On ne sait jamais», pense-t-il.

Des trappes à homard. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

À Anse-Bleue, Gilbert Thériault a placé son drapeau acadien sur son premier casier. C’est le signe qu’il est paré pour aller en mer.

«C’est tout le temps de l’ouvrage, admet celui qui compte une cinquantaine d’années de carrière. J’ai bien hâte et je ne pense pas que nous serons retardés de beaucoup de jours. Il reste encore huit jours. Ça peut changer, surtout si on a de la pluie.»

La neige ne l’a pas trop embêté, ajoute-t-il, car ses trappes étaient rangées bien à l’abri, dans le hangar à l’arrière de la maison. Tout ce qu’il attend, c’est la fin des travaux de nettoyage et de creusage au quai d’Anse-Bleue.

«On devrait pouvoir mettre nos bateaux à l’eau en fin de semaine, je crois bien», calcule-t-il.

À Caraquet, il y a tellement de trappes au quai qu’on se surprend à penser qu’aucun homard ne parviendra à se faufiler sain et sauf de cet amas de pièges ce printemps.

Lorenzo Doiron et ses deux hommes de pont vérifient les cordes qui relient les casiers aux bouées. Il faut que tout soit solide lors de la première sortie en mer.

«Serons-nous prêts le 1er mai? Je ne pense pas. Peut-être le 4 ou le 5. Une fois les glaces parties, ça va nous prendre encore une bonne semaine avant de mettre tous les bateaux à l’eau», croit celui qui a trouvé l’hiver très long.

À peine a-t-il terminé que l’aéroglisseur fait une entrée remarquée au quai. La puissance assourdissante de ses moteurs n’empêche pas plusieurs curieux de venir assister au spectacle.

L’aéroglisseur de la Garde côtière canadienne au quai de Caraquet. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Chaque passage de l’engin provoque des vagues qui cassent les glaces. La nature se chargera du reste.

«C’est comme ça chaque année», relativise M. Doiron.

L’aéroglisseur de la Garde côtière canadienne au quai de Caraquet. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette