Sirop d’érable: une saison loin des records, mais encourageante

La saison des sucres 2019 au Nouveau-Brunswick ne passera pas à l’histoire. Il n’y aura pas de récoltes records. Elle risque toutefois d’être suffisamment intéressante pour faire oublier la désastreuse performance de 2018.

À Saint-Quentin, Jean-François Laplante, de l’érablière Laplante et Fils, boue son eau d’érable depuis maintenant un mois, le 23 mars pour être précis. Bouillir aussitôt dans la saison, c’est un bonus pour lui. Et si tout va bien, il croit être encore en mesure de récolter pour les dix prochains jours sur ses quelque 112 000 entailles.

«Quand on commence tôt comme ça, c’est bon signe. Et on prévoit encore des températures fraîches avec des gelées en soirée pour les prochains jours. Alors si l’on est chanceux, la saison va se poursuivre jusqu’à la fin du mois. C’est intéressant, même si l’eau est généralement moins sucrée à ce stade», exprime celui qui est également vice-président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick.

Jusqu’à présent, il soutient que les températures ont été favorables aux acériculteurs. Certes, il y a bien eu de la pluie, mais les températures sont tout de même demeurées fraîches en général.

«Ce qui fait notre saison, c’est vraiment le printemps. Alors, peu importe comment froid et enneigé fut l’hiver, on a toujours une chance de s’en sortir si le printemps nous est favorable», dit-il.

Selon lui, dans l’ensemble, la majorité des producteurs ont déjà dépassé le rendement de leur saison précédente. Il s’agit d’un grand soulagement pour les producteurs. À vrai dire, il n’était pas vraiment difficile de faire mieux qu’en 2018, une saison tout simplement catastrophique pour l’ensemble de l’industrie. Qu’à cela ne tienne, M. Laplante soutient que beaucoup de ses confrères craignaient le pire.

«L’an dernier, plusieurs n’ont fait que 1,6 livre à 2 livres par entaille. Là, on se rapproche davantage de la moyenne avec un 3 livres par entaille. C’est plus raisonnable, quoi qu’on ne parle quand même pas ici d’une saison exceptionnelle où l’on aurait du 4 livres à 4,5 livres et même plus. C’est tout au plus acceptable, mais ça se prend très bien après une saison de misère comme en 2018», souligne l’acériculteur.

Le pire à ses yeux aurait en effet été une réplique de l’an dernier où plusieurs acériculteurs ont vu leur marge de profit être réduite à néant.

«Les producteurs sont généralement contents de la récolte jusqu’ici, car les mauvaises saisons ont souvent tendance à ne pas venir seules, mais en groupe de deux ou trois années consécutives. 2007-2008 par exemple furent deux années qui ont fait extrêmement mal. Cette fois, nos producteurs vont renouer un tant soit peu avec la rentabilité. Ils vont pouvoir couvrir leurs dépenses, payer leurs factures, se sortir la tête de l’eau et retomber dans leur roulement normal», explique-t-il.