À la rencontre d’icebergs au large de la Péninsule acadienne

Il est possible de tout faire dans la Péninsule acadienne en hiver. Il suffit seulement d’avoir un peu d’imagination, savoir s’organiser, un équipement adéquat… et de ne pas avoir peur du froid!

Éric Girard a surfé sur les idylliques plages d’Hawaï. Il a amené sa voile et sa planche de kite surf dans le vent des ouragans. Il a vécu de grandes expériences avec son sport de prédilection, dont une avec un narval alors qu’il était tout près d’un immense iceberg, près des côtes terre-neuviennes.

Il y a deux semaines, il a ajouté une autre aventure à sa vaste expérience avec sa planche de surf à pagaie. Avec un groupe d’une trentaine de personnes, il a goûté aux glaciers au large de Grande-Anse.

Une aventure différente, mais tout aussi impressionnante.

«Il n’y avait pas de vent et il faisait beau. Ça faisait penser à un lac, avec peu de courant… C’était très impressionnant. On est resté sur l’eau un bon deux heures. C’est un lieu idéal. On avait le choix entre Grande-Anse et Miscou. Ensuite, avec la gang d’Acadie Surf (qui a organisé cette excursion), on s’est fait un feu sur la plage. On a même mangé de la tire sur la neige. C’était un beach party, version hivernale», de raconter cet Acadien d’adoption âgé de 45 ans, qui vit à Lamèque depuis plus de 15 ans.

Bien entendu, en avril, on ne se découvre pas d’un fil, dit-on. On ne va donc pas là, dans la baie des Chaleurs, en short et en t-shirt. Il faut une bonne combinaison isothermique imperméable qui va couvrir aussi la tête et les mains, car le froid peut être sournois. Tout comme l’eau, qui frise le point de congélation.

«Vers la fin, on est allé un peu plus loin au large. On devait être à 200 mètres de la côte, je dirais. Il y avait là un glacier certainement plus gros qu’un bateau de pêche. Les glaces en mouvement venaient le heurter. C’était très beau», se souvient-il.

Question de bien se rappeler de cette journée, il a piqué quelques plongeons dans cette eau glacée. Sans oublier quelques photos.

«Ça paraît pire que ça l’est, rigole-t-il lorsqu’on lui dit qu’il est plutôt courageux de se frotter à une eau glaciale. Vu de l’extérieur, ça peut sembler une “grosse affaire”. Avec un bon wet suit, il n’y a pas de problème. J’ai grandi dans Charlevoix et l’eau est tout le temps à 3 ou 4 degrés Celsius. On ne va pas là pour mourir de froid non plus. Nous sommes prudents.»

La planche de surf à pagaie, c’est ce que tout le monde appelle communément le “paddle board”. C’est un sport de plus en plus populaire parce qu’il s’est démocratisé au fil des années. Aujourd’hui, un bon équipement est abordable.

Mais pour que ce soit encore mieux, ça prend de l’eau. De beaux plans d’eau. Et ça, la Péninsule acadienne en regorge, été comme hiver, au grand plaisir d’Éric Girard et de ses amis.

«Ce sport est aussi une question de paysages. En fréquentant différents environnements, c’est là qu’on va chercher notre plaisir. Il y a tellement de beaux endroits dans la Péninsule acadienne. J’adore la région pour ça. Étonnamment, on est juste un petit groupe à en profiter», poursuit ce grand sportif, également adepte de la course à pied.