Grève: la direction de la Fonderie Brunswick préoccupée

La direction de la Fonderie Brunswick dit être inquiète par la grève déclenchée mercredi soir par ses 281 employés syndiqués.

Rencontrés jeudi sur les piquets de grève en face de l’usine, les employés ont indiqué ne pas avoir l’intention d’accorder des concessions à l’employeur, précisant en avoir fait suffisamment lors des trois contrats précédents.

Au cœur de l’actuel conflit, les salaires et bénéfices, le fonds de pension et la représentation syndicale. Les syndiqués sont en grève à la suite d’un vote de 96% en faveur de cette action. Les employés rencontrés avaient affirmé être prêts pour un long conflit de travail.

La direction estime que le syndicat effectue une mauvaise lecture de la réalité économique de la fonderie.

«Même si des progrès importants ont été réalisés, notre site est encore en train de s’ajuster à la fermeture en 2013 de la mine Brunswick. La profitabilité des fonderies primaires de plomb souffre de revenus de traitement historiquement bas», a déclaré par voie de communiqué le directeur général de la fonderie, Marc Duchesne.

Celui-ci maintient qu’en dépit de cette situation économique difficile, la compagnie a présenté à ses employés syndiqués une offre équitable et raisonnable. Il déplore toutefois la position du syndicat qui refuse de faire des concessions, une position «rigide» et «déconnectée du marché mondial».

«On demande de graduellement ajuster l’âge de la retraite (sans pénalité) de 58 à 60 ans. C’est simplement en ligne avec la croissance de l’espérance de vie et ce sera identique au personnel-cadre de l’usine», écrit-il, admettant que ce changement aura un impact sur une petite fraction des employés qui profitent du programme de pension à bénéfices définis.

Il ajoute ne pas vouloir abolir la représentation syndicale ni le comité de santé-sécurité. Il désire plutôt que ces fonctions ne constituent plus des postes à temps complet.

La partie patronale désire également limiter légèrement les privilèges de l’ancienneté, soit un maximum permis de trois semaines de vacances durant l’été, question de permettre à plus d’employés – notamment ceux ayant une jeune famille – de prendre des vacances en juillet et août.

«Nous croyons fermement que la meilleure issue pour toutes les parties sera atteinte grâce à des discussions constructives donnant-donnant à la table de négociation», souligne M. Duchesne.