Blaine Higgs: il faut s’adapter aux changements climatiques

Avec deux inondations en autant d’années, le premier ministre Blaine Higgs reconnaît que son gouvernement devra tenir compte dans sa planification de l’impact des changements climatiques sur la fréquence de celles-ci.

«Un événement aux 100 ans a maintenant lieu aux 50 ans, si vous faites la moyenne, et ça va probablement continuer», a déclaré le premier ministre, un opposant à la taxe fédérale sur le carbone.

«Des solutions à plus long terme doivent être envisagées en tenant compte des changements climatiques, en réduisant nos émissions, en apportant des changements aux structures de nos bâtiments et en décidant où nous construisons.»

De son côté, la Croix-Rouge canadienne commence officiellement à recueillir des dons pour les sinistrés des inondations au Nouveau-Brunswick alors que le niveau d’eau commence tranquillement à descendre dans certaines régions.

Les autorités demandent toutefois aux riverains de demeurer vigilants puisque la pluie attendue au cours de la fin de semaine risque de venir brouiller les cartes.

Selon le directeur provincial de la Croix-Rouge, Bill Lawlor, 372 ménages comptant 940 personnes se sont déjà inscrits auprès de l’organisme après avoir évacué leur résidence.

Soixante-dix pour cent des sinistrés enregistrés avaient aussi été victimes des inondations de l’an dernier, a-t-il précisé.

«Nous avons lancé un appel aux donateurs pour pouvoir aider ces gens davantage.»

«Il y a eu un certain nombre de ces familles qui viennent tout juste de rentrer dans leur résidence principale» après les inondations de 2018.

«Le fait qu’ils soient confrontés à un autre événement important dans un laps de temps aussi court aura certainement un impact majeur sur ces ménages», a indiqué M. Lawlor

La Croix-Rouge invite la population à visiter son site web (croixrouge.ca) pour faire un don et venir en aide aux sinistrés.

Vendredi après-midi, le niveau du fleuve Saint-Jean était passé sous le seuil d’inondation dans toutes les communautés au nord de Fredericton.

La capitale provinciale et les communautés de la partie sud du bassin versant du fleuve ne sont toutefois pas encore hors de danger.

«Ce n’est pas le temps de se reposer. Nous demandons à la population de rester vigilant. Jusqu’à 45 mm de pluie pourraient tomber d’ici à demain (samedi)», a déclaré la directrice des opérations de l’Organisation des mesures d’urgence du N.-B., Stacey Cooling.

Après quelques jours de répit, l’eau du fleuve devrait recommencer à monter dimanche à Fredericton pour atteindre 1,2 m au-dessus du niveau d’inondation.

«Dès lundi, les niveaux d’eau devraient recommencer à baisser très lentement», a indiqué le spécialiste des sciences de l’eau du ministère de l’Environnement et des Gouver­nements locaux, Jasmin Boisvert.

Dans la région de Saint-Jean, l’eau qui avait commencé à baisser devrait demeurer stable durant les précipitations de la fin de semaine avant de reprendre sa descente.

Quelque 550 personnes dans quatre régions différentes étaient toujours coupées du reste du monde à Saint-Jean, vendredi, en raison de la crue des eaux, selon le chef pompier de la ville portuaire, Kevin Clifford.

Au même moment, 143 routes étaient toujours affectées par les inondations dans la province, dont 88 qui ont dû être fermées complètement, comme l’autoroute transcanadienne entre Moncton et Fredericton.

«Il est impossible de dire pendant combien de temps le détour sera en place. À ce moment-ci, nous attendons simplement que le niveau d’eau diminue», a constaté le directeur des opérations du ministère des Transports et de l’Infrastructure, Ahmed Dassouki, au sujet de la Transcanadienne.

Avec la participation du journaliste Mathieu Roy-Comeau.