Le laboratoire de l’hôpital de Caraquet ne sera plus ouvert 24h sur 24

La pénurie de main-d’oeuvre qualifiée oblige le Réseau de santé Vitalité à revoir à la baisse les plages horaires du service de laboratoire à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet. La technologie et le personnel de l’Hôpital régional de Tracadie seront appelés en renfort dès juin.

Selon Jean-René Noël, directeur des communications et des engagements communautaires au sein de la régie francophone de santé, il faut davantage parler d’une «réorganisation» du fonctionnement du laboratoire de 23h30 à 6h30, ce qui va permettre «d’assurer la permanence des services malgré la pénurie de main-d’œuvre qualifiée».

Pour y arriver, le porte-parole fait savoir que le Réseau misera sur la technologie et a installé des appareils d’analyses hors laboratoire au service d’urgence de l’établissement de Caraquet.

«Grâce à ces appareils hautement performants, environ 90% des analyses requises continueront d’être effectuées sur place, et ce, plus rapidement (en quelques minutes) que si elles étaient envoyées au laboratoire», a-t-il expliqué.

Pour les autres analyses – qui représentent un «faible pourcentage», selon M. Noël -, le réseau s’est assuré qu’elles puissent être faites à Tracadie à l’intérieur des délais prescrits. «Cette façon de faire est déjà utilisée avec succès dans d’autres hôpitaux et entrera en vigueur à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus en juin», a précisé le porte-parole du Réseau de santé Vitalité dans un échange de courriels avec l’Acadie Nouvelle.

Inquiétudes

Sans surprise, dès que des compressions de services sont annoncées à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet, les vieux fantômes de 2004 reviennent rapidement hanter la communauté.

À cette époque, une profonde réforme du système de santé, entamée par le gouvernement progressiste-conservateur de Bernard Lord, proposait la transformation de l’hôpital de Caraquet en centre de santé communautaire sans urgence et sans arrêt d’ambulance.

La population s’était alors vivement opposée à ces changements, multipliant les manifestations et les gestes d’occupation de routes et de l’hôpital pendant plusieurs mois.

À l’automne 2018, des défis dans le recrutement de médecins remplaçants avaient laissé entrevoir la fermeture de certains quarts de travail à l’urgence du centre hospitalier de Caraquet. Il avait fallu que le ministre de la Santé, Hugh Flemming, éteigne rapidement les feux afin de rassurer les citoyens inquiets.

Louis Blanchard, vice-présidente du groupe Égalité Santé en français et militante pour le maintien des services essentiels à l’hôpital de Caraquet, estime qu’il est dangereux d’accepter cette situation avec le laboratoire.

«En acceptant trop facilement la réorganisation du laboratoire à cause de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, nous ne sommes pas assurés obtenir de meilleurs résultats. Comment vérifier si les appareils seront aussi performants? Voilà une situation où les décisions sont prises sans directeur et sans son conseil d’administration bénévole. Nous avons toujours dénoncé cette politique de centralisation, qui n’est pas souvent à l’avantage des services dans nos hôpitaux ruraux. La plupart des problèmes dans nos hôpitaux sont directement dus à un manque de direction dans tous les hôpitaux du N.-B», a-t-elle répliqué.