Inondations: un poids sur la santé mentale des sinistrés

Une sociologue estime que les inondations qui ont eu lieu au printemps 2018 dans le sud du Nouveau-Brunswick avaient eu des conséquences physiques et mentales sur les sinistrés. Au moment où la crue des eaux frappe à nouveau, elle recommande que des moyens soient mis en place afin d’atténuer les souffrances causées par de telles catastrophes.

Julia Woodhall-Melnik, professeure adjointe à l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean, étudie les effets qu’on eues les inondations et les évacuations de l’an dernier sur la santé de la population.

«La perte de logement en général peut entraîner fatigue, dépression, anxiété, chagrin, troubles du sommeil et développement du syndrome de stress post-traumatique», souligne-t-elle.

Mme Woodhall-Melnik a interrogé des personnes en mars et en avril, avant le début des présentes inondations, mais elle soutient que la crainte que les inondations records se reproduisent cette année hantait les esprits des victimes de l’an passé.

Elle indique que beaucoup étaient déjà inquiets et stressés.

«Une femme a décrit cela de la manière suivante: » Nous prévoyons des inondations chaque année, nous ne savons tout simplement pas à quel point ce sera grave »», a illustré la chercheuse.

«Certaines personnes étaient plus calmes, affirmant que 2018 avait été une inondation unique. « Nous ne verrons probablement plus jamais cela, alors ça va. » D’autres, par contre, craignaient que cela puisse devenir la nouvelle normalité.»’

Mme Woodhall-Melnik soutient que son objectif est d’apprendre à réduire l’impact de ces événements, en particulier sur la santé mentale, et à déterminer le capital social nécessaire pour se remettre des inondations.

«Le rôle des voisins et des amis, des politiciens, des systèmes officiels, des premiers intervenants des gouvernements en réponse… Nous avons examiné comment les personnes rencontraient des obstacles pour accéder à différents types d’aide et en étaient affectées», dit-elle.

Elle ajoute que la plupart des gens ont parlé des soutiens informels qu’ils ont reçus l’année dernière, tels que des voisins et même des étrangers apportant de la nourriture, offrant des bateaux et aidant à remplir et à installer des sacs de sable.

Les chercheurs ont organisé des groupes de discussion avec plus de deux douzaines de résidents et ont également parlé à 10 personnes impliquées dans la réponse officielle aux inondations.

Mme Woodhall-Melnik souligne que de nombreuses personnes devaient faire un choix difficile: rendre leur maison plus résistante aux inondations ou déménager.

Elle cite en exemple des personnes qui vivent sur des terres ayant appertanu à leurs arrières-grand-parents ou d’autres qui adorent leur communauté.

«Devoir partir serait déchirant pour elles.»

Elle a ajouté que l’une des recommandations les plus courantes des habitants était de faire intervenir l’armée de terre en cas d’inondation, ce qui a été fait rapidement cette année.

Un rapport regroupant les conclusions de la chercheuse sur les inondations de 2018 devrait être publié début juillet.

Mme Woodhall-Melnik a déclaré que les recommandations iraient du moyen de fournir les informations dont le public a besoin aux moyens de réduire l’impact sur la santé mentale des résidents, à la fois pendant et après les inondations.