Les crabiers ont hâte de prendre la mer

C’était étonnamment calme, lundi, sur les quais de Caraquet et de Shippagan. C’est vrai que le vent à écorner les boeufs n’aidait pas; il fallait tuque, mitaines et manteau chaud si l’on voulait travailler un peu à l’extérieur. Mais un vent utile et, surtout, soufflant dans la bonne direction.

Éole devrait donc libérer pour de bon les ports et les chenaux de la Péninsule acadienne des glaces qui embêtaient les navires pour prendre la mer.

Des navires déjà chargés des trappes, des cordages et des bouées depuis quelques jours. Il ne reste plus qu’à y insérer les appâts avant de les lancer en mer, dans le golfe du Saint-Laurent.

Le ministère des Pêches et des Océans a confirmé que le lancement de la saison de pêche au crabe des neiges aura lieu le jeudi 2 mai à 0h01.

Comme tous ses collègues, Joël Gionet, président de l’Association des crabiers acadiens, a hâte d’aller déposer ses casiers au fond de la zone 12. Car l’optimisme règne dans le groupe, malgré le beau temps qui semble réticent à se pointer le bout du nez.

«Après ce vent, on va être bon», juge-t-il, à quelques pas du Carlo-G, le bateau qu’il pilote, au quai de Caraquet.

Une tentative était prévue dimanche, mais la fenêtre météo a été trop petite pour assurer un premier voyage sécuritaire, surtout avec les trappes à bord.

Des crabiers au quai de Shippagan. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

«Nous avions une fenêtre de six à huit heures. Certains ont voulu y aller, d’autres non. Finalement, le ministère a décidé qu’on ne sortait pas», a révélé le président de l’ACA, en rappelant que ce n’est pas parce qu’il y avait encore des navires en cale sèche.

«Les ports sont libérés des glaces, les fonds de pêche aussi. C’était juste une question de météo. Là, ça va être bon après le Noroît», explique-t-il.

Les crabiers sortiront deux ou trois jours plus tard que l’an dernier, mais cela aura très peu d’impact sur leur travail, assure M. Gionet. Seul ennui, ils ne pourront avoir accès à une zone dite statique, qui a été fermée dimanche soir.

«On aurait pu faire une sortie de pêche de plus, mais cela ne changera pas grand-chose. On reste avec huit semaines de pêche, comme l’an dernier», calcule-t-il.

Le président de l’ACA soutient que les attentes sont bonnes pour la prochaine saison. Le crabe des neiges est là en abondance et les marins ne verront pas de baleines noires avant la fin mai. Cela leur donnera un bon trois semaines à pêcher librement.

Le fait aussi que la saison du crabe royal en Alaska a été difficile n’influencera pas le marché pour le crabe des neiges, ajoute-t-il.

«Le crabe de la zone 12, c’est le crabe de la zone 12. Il n’y a rien qui affecte notre marché. La niche pour notre produit est là depuis longtemps. Ce qui se passe ailleurs n’a pas vraiment d’impact. On s’attend à de bons prix, comme d’habitude», émet Joël Gionet.

Le total admissible de capture est d’un peu plus de 32 400 tonnes cette année dans le golfe du Saint-Laurent, une augmentation de plus de 30% par rapport à 2018.

«Tout le monde a hâte», termine le pêcheur de Bas-Caraquet.