Blaine Higgs dénonce un projet de loi «anti-pipeline» à Ottawa

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick était de passage à Ottawa, mardi, pour exprimer son opposition au projet de loi fédéral sur la réforme de l’évaluation des grands projets comme les oléoducs.

Devant un comité du Sénat canadien, Blaine Higgs a qualifié le controversé projet de loi C-69 de législation «anti-pipeline».

À son avis, cette initiative du gouvernement de Justin Trudeau représente «un risque et un obstacle inacceptables» à la prospérité du Canada atlantique et du Nouveau-Brunswick.

Il craint que le processus d’approbation des grands projets ne devienne «lourd, non concurrentiel et difficilement réalisable», privant ainsi la région d’un potentiel lien vers les infrastructures énergétiques du centre et de l’ouest du pays.

«Le Canada atlantique n’est relié à aucun réseau de pipelines du Canada. Tous les réseaux s’arrêtent à notre province voisine du Québec», a-t-il dit aux sénateurs qui étudient en ce moment le projet de loi.

L’incertitude entourant la promesse du gouvernement Trudeau de revoir le processus d’évaluation des grands projets a d’ailleurs contribué à mettre fin au projet de pipeline Énergie Est, a affirmé Blaine Higgs.

«Comme vous le savez, le Nouveau-Brunswick aurait été un terminal de l’oléoduc Énergie Est.»

Blaine Higgs a imploré les sénateurs de renvoyer le projet de loi à la table à dessin pour éviter que les nouvelles règles proposées ne bloquent de futurs projets et les investissements qui en découleraient.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, a signalé son opposition à la démarche du premier ministre Higgs par voie de communiqué.

Selon lui, le projet de loi C-69 ne fait que réinstaurer d’importantes protections environnementales  en place depuis les années 1980 pour «éviter les dommages pouvant être causés par les grands projets industriels.»

L’ancien premier ministre canadien «Stephen Harper a démoli le processus d’évaluation environnementale et le projet de loi constitue un effort pour ramener les études d’impact environnemental comme un outil pour protéger notre environnement», a déclaré le M. Coon.

La ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique, la libérale Catherine McKenna, avait utilisé à peu près les mêmes arguments lors de la deuxième lecture du projet de loi à la Chambre des communes en février 2018

«Malheureusement, le gouvernement Harper s’est débarrassé des protections environnementales et a apporté aux processus d’évaluation environnementale des changements qui ont érodé la confiance du public dans la façon dont les décisions sont prises», avait-elle dit.

Lors de la campagne électorale fédérale en 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient promis de revoir ce processus.

«Ces règles améliorées sont conçues pour protéger notre environnement tout en améliorant la confiance des investisseurs, en renforçant notre économie et en créant de bons emplois pour la classe moyenne», avait indiqué Mme McKenna.