Moncton songe à éliminer des trottoirs dans plusieurs quartiers

La Ville de Moncton repense la présence de trottoirs des deux côtés des certaines rues. Des dizaines de milliers de mètres de dalles de ciment pourraient être progressivement éliminées au cours des prochaines années.

Lors d’une réunion tenue la semaine dernière, le département d’ingénierie de la Ville de Moncton a proposé aux conseillers de ne garder qu’un seul trottoir dans plusieurs rues afin de réduire les coûts d’entretien.

Dans un rapport présenté au conseil municipal, Alcide Richard, directeur du design et de la construction, souligne que les coûts d’entretien des trottoirs grimpent chaque année et que la Ville reçoit de plus en plus de plaintes quant à leur état.

L’ingénieur affirme aussi que les rues de Moncton ont beaucoup plus de trottoirs que d’autres grandes villes du Nouveau-Brunswick.

Par exemple, Moncton compte 446 mètres de trottoir par kilomètre de voirie, alors que Fredericton n’en compte que 277. À Halifax, en Nouvelle-Écosse, ce ratio n’est que de 244m/km.

«En gros, on a quasiment le double des autres villes autour de nous», dit Alcide Richard en entrevue téléphonique.

L’ingénieur affirme que les normes de construction ont changé depuis que Moncton a construit la plupart de ses trottoirs.

«Les normes d’aujourd’hui disent que sur une rue mineure, il n’y a aucun trottoir. Si on se compare à Dieppe, il y a 82 km de trottoirs, et la Ville de Dieppe ne construit pas de trottoirs si elle ne peut pas les déneiger l’hiver», affirme l’ingénieur, qui souligne que la Ville de Moncton ne peut pas se permettre de déneiger tous ses trottoirs.

Il explique qu’un examen de l’état des trottoirs a démontré que des travaux d’entretien de 6,5 millions $ sont nécessaires.

Alcide Richard explique que les recommandations présentées au conseil la semaine dernière n’ont pas encore été acceptées.

«Le conseil nous a demandé plus d’informations, c’était un début de discussion. On a encore du travail à faire», dit l’ingénieur.

Le projet fera l’objet de consultations publiques avant que le conseil municipal décide de l’adopter ou de conserver le statu quo.

Les changements aux trottoirs pourraient être mis en place en même temps que d’autres opérations de travaux publics, ou lorsque l’état d’un trottoir forcera la Ville à agir.

«Les trottoirs sont importants pour moi»

Susan Biggs, résidente de Moncton, marche régulièrement avec son chien sur les trottoirs de son quartier.

Selon le plan proposé au conseil municipal à la fin avril, 9322 mètres de trottoir pourraient lentement être éliminés dans son voisinage.

«Je ne veux pas ça, c’est sûr. Ça aurait un impact sur moi parce que je suis partiellement aveugle, alors les trottoirs sont importants pour moi, parce que je ne vois pas très bien. Sans trottoir, je ne peux pas promener mon chien», dit la dame, qui en appelle au conseil municipal de garder le statu quo.

Un autre passant, Donald Babineau, préfère lui aussi le nombre actuel de trottoirs.

«Je pense que c’est important de les avoir du côté de la sécurité. C’est important quand même, pour les enfants, d’avoir des trottoirs des deux côtés de la rue. J’ai presque toujours vécu avec des trottoirs sur les deux côtés de la rue», dit le résident de Moncton.

«On s’y habituerait probablement, quand même», ajoute-t-il.

Le conseiller Blair Lawrence réagit

Blair Lawrence, conseiller du quartier 2 de Moncton, estime que l’idée de repenser la manière dont Moncton installe ses trottoirs est bien fondée, mais que la population doit avoir son mot à dire.

«(Le fait) de développer un plan global pour tous les quartiers ne pourrait pas se faire sans une consultation publique. Il faut que nos résident(e)s aient la chance de contribuer à la discussion et de s’informer davantage», estime Blair Lawrence.