Routes glacées et mal déneigées: le Restigouche insatisfait des explications de Fredericton

Les membres de la CSR-Restigouche sont perplexes quant à la réponse du ministre des Transports, Bill Oliver, à leurs préoccupations concernant les problèmes d’entretien récurrent des routes de la région en hiver.

Dans une missive envoyée le 31 janvier au ministre, les élus de la CSR-Restigouche dénonçaient une variété de problèmes de sécurités liés à l’état et à l’entretien des routes durant la période hivernale.

On pouvait y lire que les routes – et en particulier les routes 11, 17 et 134 (principaux axes routiers) – n’étaient pas suffisamment dégagées, rendant la conduite très dangereuse. Cette situation prévalait souvent plusieurs jours après les accumulations (tempêtes).

On déplorait également les disparités entre la qualité du déneigement effectuée dans le Restigouche et celle effectuée dans les autres régions. Selon la CSR-Restigouche, cette situation serait le résultat d’un manque de ressources humaines et des pannes d’équipements.

L’organisme a donc enjoint le ministre à fournir des instructions aux personnes appropriées afin de remédier à la situation.

La réponse du gouvernement a circulé lors de la rencontre de l’organisme jeudi. S’il dit comprendre la frustration des membres de la CSR-Restigouche, il rejette toutefois la grande partie du blâme sur la météo plutôt que sur de quelconques politiques d’austérité.

«Les amoncellements de glaces et de neige furent le résultat de la basse température de la chaussée suivant des conditions météorologiques clémentes. Le personnel local était bien au courant de la situation et a entrepris des actions immédiates pour remédier à la situation le plus rapidement possible», écrit le ministre, assurant au passage que le déneigement était fait de façon équitable partout en province.

Cette explication a toutefois été loin de rassasier les élus.

«C’est une lettre générique. On ne répond pas du tout à nos préoccupations», a noté le maire de Tide Head, Randy Hunter, invitant le ministre à venir s’adresser en personne à la commission, l’objectif étant que la situation s’améliore pour la prochaine période hivernale. Cette proposition fut entérinée à l’unanimité par les membres.

Problèmes aussi au printemps

Toujours lors de cette rencontre, des membres en ont rajouté, soulignant qu’en dépit de l’arrivée du printemps et de la disparition de la couche de glace et de neige qui recouvrait les routes, les services d’entretien laissent toujours à désirer dans la région.

«L’hiver n’est pas encore terminé chez nous. Il est tombé trois pouces de neige à Saint-Jean-Baptiste samedi dernier (20 avril), et personne n’est venu déblayer la route, du moins jusqu’à ce que les gens commencent à se plaindre sur les médias sociaux. On dirait que le ministère a perdu le contact avec la réalité des conditions routières, qu’on attend les critiques avant d’agir», a déploré le président de ce DSL, Burt Paulin.

Quelques jours auparavant, un épisode de verglas a bien failli mal se conclure près de Belledune.

«On revenait de la partie (de l’équipe de hockey junior A) des Tigres à Summerside et dès que nous avons franchi la frontière du Restigouche (vers Belledune), on a frappé de la glace noire. Un des véhicules qui étaient avec nous s’est même retrouvé dans le fossé. Heureusement, ses occupants s’en sont tirés indemnes», relate le président du DSL de Glencoe, Brad Mann.

Sur place, les policiers lui auraient confirmé avoir contacté le bureau local des Transports quatre heures plus tôt pour une intervention sur la route 11.

«Et rien n’a été fait. On leur aurait alors répondu qu’il n’y avait pas de personnel disponible ni de budget. Ils ne sont intervenus que plus tard. C’est tout à fait inadmissible», a-t-il lancé.