Pêche au homard: premières sorties «ordinaires»

La pêche au homard a enfin été lancée ce week-end dans le nord du Nouveau-Brunswick. Les premiers jours ont été marqués par une météo exceptionnelle, même si la température de l’eau est toujours très froide.

L’ouverture de la saison s’est étalée sur plusieurs jours. Les pêcheurs de la sous-zone 23D, qui s’étend de Néguac à Escuminac, ont été les premiers à prendre la mer vendredi matin. Ceux des zones 23A et 23B, soit de Dalhousie à l’ouest de Miscou ont commencé la pêche samedi matin. Finalement, ceux de la sous-zone 23C, soit de l’est de Miscou jusqu’à Tabusintac, ont pu larguer leurs amarres dimanche matin.

Dans la sous-zone 23D, la fermeture de la saison est prévue le 3 juillet. Dans les sous-zones 23A, 23B et 23C, la fermeture est prévue le 4 juillet.

Le début de la saison a été retardé en raison des vents et de la présence de glace dans les ports de pêche. Pêches et Océans Canada semble ouvert à prolonger la saison de quelques jours.

«Toute extension au-delà de la date approuvée sera discutée plus tard dans la saison», peut-on lire dans l’avis de pêche émis la semaine dernière.

La ressource est-elle au rendez-vous?

Gaëtan Robichaud, de Néguac, a pu prendre la mer tôt vendredi matin. Ce week-end, lui et son équipe ont effectué deux débarquements.

«Je peux vous dire que je suis dans la moyenne pour ce temps-ci de l’année. Je suis satisfait. La température de l’eau est toujours froide, mais ça va assez bien.»

«Le homard ne bouge pas trop parce que l’eau est froide, mais l’eau devrait commencer à se réchauffer au cours des prochains jours et semaines. Les débarquements pourraient alors augmenter, mais en même temps, ça se pourrait que ça n’arrive pas. C’est toujours la réalité de la pêche», dit M. Robichaud, qui est également président de l’Union des pêcheurs des Maritimes depuis quelques mois.

Au quai de Grande-Anse, des pêcheurs rencontrés par l’Acadie Nouvelle affirment que les premières sorties ont été assez «ordinaires».

«L’eau est froide et il n’y a pas de homard. Il y en a moins que l’année dernière. Le homard n’est pas encore au rendez-vous», a expliqué Rénald Haché, capitaine du P’Ti-H.

Le pêcheur prévoit que les conditions s’améliorent prochainement. «La pêche, c’est la pêche», philosophe-t-il.

Des prix «raisonnables»?

Les prix offerts cette année ne seront pas encore connus avant quelques semaines, mais la rumeur circule un peu partout qu’ils devraient être «raisonnables».

Plusieurs s’entendent pour dire que la valeur du homard sera au moins égale ou plus élevée que l’an dernier. En 2018, un homard de petite taille (canner) valait 5$ la livre tandis qu’un homard de grosse taille (market) en valait 5,50$.

«Les prix devraient être bons. Rien ne nous indique qu’ils sont à la baisse. Ça prend toujours quelques semaines avant que ça se stabilise et qu’on ait un prix réaliste», explique Gaëtan Robichaud.

Baleines noires

L’autre dossier majeur à surveiller cette saison est celui des baleines noires. En 2018, la simple présence d’une baleine noire dans les zones dynamiques, qui entouraient les îles Lamèque et Miscou, a contraint les pêcheurs de cette région à retirer leurs casiers de l’eau pendant au moins 15 jours. Un tel scénario s’est produit à la mi-juin dans la région de Miscou. Une soixantaine de pêcheurs ont dû lever leurs casiers et s’entasser au même endroit.

Cette année, Pêches et Océans Canada a accepté d’assouplir certains règlements mis en place pour protéger les baleines noires. Entre autres, la pêche à engins fixes non surveillés dans des eaux de moins de 20 brasses (120 pieds) de profondeur ne sera soumise à des protocoles de fermeture temporaire que si une baleine noire est observée à ces profondeurs. Si le protocole doit être mis en place, les homardiers pourront pêcher à l’intérieur de 10 brasses (60 pieds).

«On a confiance qu’aucune baleine ne se présentera à 120 pieds de profondeur à moins de circonstances extrêmement inhabituelles.»