Meurtre d’une jeune femme à Moncton: la Couronne recommande 15 ans de prison

Après avoir plaidé coupable du meurtre au second degré de sa fiancée, Naomi Bartlette, Rejean Gautreau connaîtra bientôt sa peine.

Le corps de Naomi Bartlette, âgée de 33 ans, a été retrouvé dans une résidence de la rue Fleet à Moncton, le 8 avril 2018. Son conjoint a été arrêté un peu plus tôt le même jour en lien avec une série de vols. Il a alors révélé aux enquêteurs avoir tué sa fiancée.

Le 6 avril 2018 en après-midi, une dispute a éclaté au sujet de la consommation de drogues et du projet de Naomi de déménager plus tôt que prévu en Colombie-Britannique, où réside sa famille d’adoption.

Rejean Gautreau a reconnu s’être servi d’un pied de table pour frapper à la tête sa compagne, qui s’est effondrée sur le sol. Il a alors étranglé et frappé sa victime jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus.

L’homme a ensuite enroulé le corps de Naomi dans des draps et des sacs de plastique puis l’a caché dans le placard d’une des chambres.

Le médecin responsable de l’autopsie a observé des traumatismes au niveau du crâne et du cou de la victime. L’asphyxie serait la cause probable du décès.

Rejean Gautreau a plaidé coupable en février, évitant ainsi la tenue d’un procès. En vertu du Code criminel, l’homme âgé de 39 ans sera automatiquement condamné à la prison à vie.

Mardi matin, la Couronne a proposé au juge Ouellette d’imposer une période de 15 ans derrière les barreaux avant que le meurtrier soit admissible à la libération conditionnelle. De son côté, la défense a suggéré une peine de prison incompressible allant de 12 à 14 ans.

Le juge Jean-Paul Ouellette rendra sa sentence aujourd’hui (mardi) à 15h.

Rejan Gautreau et Naomi Bartlette étaient fiancés et vivaient ensemble depuis un an. Naomi Bartlette était mère de deux jeunes garçons. Elle avait pour projet de retourner vivre en Colombie-Britannique pour suivre une formation dans le domaine paramédical.

Lors de l’audience, Gayle Deveau, la grand-mère de la victime, a pu prendre la parole.

«Naomi essayait d’aider tout le monde, elle aimait Réjean mais son alcoolisme la perturbait. Elle espérait qu’en déménageant en Colombie-Britannique, les choses iraient mieux. Il l’a tué alors qu’elle avait un futur et aller faire quelque chose de sa vie», souffle-t-elle.

«Je souhaite qu’il soit condamné à une longue période d’incarcération. Il faut protéger la population des hommes comme lui.»

La procureure de la Couronne, Angéla Poirier LeBlanc, a rappelé l’historique violent de l’individu, dont le dossier comprend 33 condamnations judiciaires, notamment des vols, des agressions ou la conduite sous influence.

En 2016, Rejean Gautreau avait déjà condamné à de la prison pour avoir menacé et agressé sa précédente conjointe.

La procureure cite également le recours à l’étranglement et le fait qu’il s’agisse d’un cas de violence conjugale parmi les facteurs aggravants.

L’avocate de la défense, Annie Maltais, a quant à elle souligné l’absence de préméditation et la coopération avec la police consentie par son client. Elle a aussi décrit les problèmes de dépendances à l’alcool et à la drogue qui le suivent depuis l’adolescence.

«M. Gautreau en était conscient et cherchait de l’aide. Il a souffert de dépression pendant plusieurs années et a été hospitalisé à plusieurs reprises suite à des tentatives de suicide», explique-t-elle.

Me Maltais a ensuite lu une lettre signée par M. Gautreau dans laquelle il présente des excuses à la famille de la victime et exprime ses remords.

«Elle ne méritait pas cela. Tout est allé de travers tellement rapidement. Elle me manque chaque jour. Je ne me pardonnerai jamais pour ce que j’ai fait et je ne demande pas qu’on me pardonne. J’accepte la responsabilité de mes actes et je suis réellement désolé pour tous ceux qui ont été affectés par cette tragédie.»

Rejean Gautreau devra également subir un procès en novembre en lien avec d’autres accusations. Il est accusé d’avoir tué le chien de Naomi Barlette et d’avoir volé deux magasins Subway et un dépanneur Needs entre le 16 février et le 3 avril 2018.