Red Pine: des déchets transformés en 3625 Mwh d’électricité

Depuis bientôt neuf mois, le moteur de la génératrice d’électricité ronronne comme un chaton au site d’enfouissement des déchets solides de Red Pine, près d’Allardville. Les données du deuxième trimestre d’opération frisent quasiment la note parfaite.

Ainsi, du 8 janvier au 24 mars, le taux d’opération de ce nouvel équipement visant à produire de l’énergie verte à l’aide du méthane dégagé par les détritus en décomposition a atteint 91%. La machinerie a pu produire 1364 mégawatts heures d’électricité destinée à Énergie NB durant cette période, pour des revenus de 146 500$.

«91%, c’est très bien, assure Jonathan Plourde, gestionnaire en environnement à la Commission des services régionaux Chaleur. Aller plus haut serait très difficile. Il faut rappeler que nous en sommes toujours à la première année de fonctionnement. Ça demande donc un peu plus de maintenance et d’ajustements. Mais pour l’instant, c’est très satisfaisant. Surtout que depuis la fin février, nous sommes presque à 100%.»

La productrice d’électricité a traversé un dur hiver sans pépins majeurs, au grand soulagement du responsable. Maintenant que le printemps est arrivé, la stratégie est de poursuivre sur cette erre d’aller.

«Plus nous produisons de l’électricité, plus nous fournissons de l’énergie verte. Nous parvenons à capter 99% du gaz contenant du méthane, un des gaz à effet de serre majeurs. Notre site est très efficace. Quand la génératrice ne fonctionne pas, le gaz est détruit dans la torchère, et on n’en brûle presque pas», poursuit M. Plourde.

La CSR-Chaleur travaillait depuis 2011 sur le projet de doter le site d’enfouissement des déchets solides de Red Pine d’une génératrice productrice d’électricité. Des études ont déterminé un potentiel intéressant et le contrat signé pour les 20 prochaines années avec Énergie NB autorise le transfert annuel à 6000 MWh.

L’an dernier, des investissements de près de 3,2 millions $ ont permis l’installation de la machinerie, qui a produit son premier watt d’électricité le 14 août. Depuis, le compteur marque 3625 MWh, pour un revenu de près de 390 000$.

«Ces résultats sont équivalents à nos prévisions budgétaires», a fait part Jocelyne Hachey, directrice générale de la CSR-Chaleur.

La particularité des installations d’Allardville est que le moteur puise son alimentation en méthane en allant chercher le gaz sous les matières en décomposition. Ailleurs, la tuyauterie de captation est installée au-dessus des déchets.

La CSR-Chaleur a préféré cette option à celles d’utiliser le gaz comme combustible pour l’industrie ou en tant que carburant pour certains véhicules, nettement plus dispendieux à réaliser (près de 9 millions $ chacun).

Les sites d’enfouissement de Moncton, de Fredericton et d’Edmundston produisent depuis quelques années de l’électricité.

Eco360 Sud-Est vient de franchir la barre des 10 millions de kWh tirés des déchets depuis septembre 2017 – ce qui permet de fournir l’énergie à environ 600 résidences par année et de réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère de près de 56 000 tonnes. L’organisation étudie la possibilité d’ajouter une deuxième génératrice.

Pour l’instant, la CSR-Chaleur ne prévoit pas bonifier ce projet. La directrice générale Jocelyne Hachey affirme qu’il faudra attendre une année complète de production afin d’analyser d’éventuelles possibilités.

«Le surplus d’électricité produite par notre génératrice pourrait être utilisé pour chauffer nos bâtiments à Red Pine», mentionne-t-elle.