Elle traque les failles humaines en cybersécurité depuis la salle de classe

Caroline Albert, une élève en 12e année de la Cité des jeunes A.-M.-Sormany d’Edmundston, a l’occasion de mettre un terme à son parcours scolaire de niveau secondaire de façon unique et plutôt intéressante.

La jeune femme, âgée de 17 ans, a l’occasion depuis près de quatre mois de suivre un programme de type coopératif en cybersécurité.

Elle est la première francophone de la province – et la seule à l’heure actuelle – pouvant profiter d’une telle formation scolaire de niveau secondaire qui a vu le jour grâce à l’engagement de l’organisme CyberNB.

Seul organisme voué à la création d’un espace numérique plus sûr, CyberNB n’a pas hésité un instant à prêter les services de son spécialiste Roberto Gauvin, qui a concocté un cahier d’enseignement détaillé destiné à l’élève.

«Mes connaissances pratiques en informatique étant plutôt limitées, je n’étais pas certaine de ce projet au départ», raconte d’emblée Caroline Albert.

«Puisque je vais aller étudier en droit, l’idée à l’origine était plutôt d’effectuer un stage avec des procureurs de la Couronne ici à Edmundston, mais le tout n’a finalement pas abouti», a ajouté la finissante de la Cité des jeunes A.-M.-Sormany.

Des recherches menées sur le web et portant sur le domaine de la cybersécurité et sur la législation actuellement en vigueur à ce sujet auront finalement convaincu l’élève de sauter à pieds joints dans le projet pilote.

«Autant j’avais un peu de difficultés à comprendre au début, autant j’aime maintenant tout ce qui touche à la cybersécurité après avoir fouillé et compris plein de choses à ce sujet», a expliqué Caroline Albert, rencontrée par l’Acadie Nouvelle en salle de classe.

«J’ai rapidement appris qu’il fallait être prudent sur le web, parce que tout est facilement retraçable, comme les cartes de crédit et les cartes de débit.»

Cette dernière consacre une dizaine d’heures par semaine à l’étude de son programme virtuel en cybersécurité.

L’élève peut compter sur l’appui constant d’un cybermentor en la personne de Pierre-Paul Cyr, un enseignant en cybersécurité du CCNB – Campus de Dieppe.

Pierre-Paul Cyr, un enseignant en cybersécurité du CCNB – Campus de Dieppe, chapeaute le travail en classe de Caroline Albert. – Gracieuseté

Le maître et l’élève ont une ou deux rencontres virtuelles par semaine, pouvant durer quelques minutes ou même parfois deux heures, selon la difficulté des sujets qui sont alors abordés.

«Il m’est toujours utile dans l’apprentissage du programme et d’une grande compétence. Son aide est précieuse», dira Caroline Albert au sujet de son mentor.

Dans le cadre de sa formation, celle-ci a déjà eu l’occasion d’élaborer un semblant de plan de sécurité informatique destiné à une quelconque PME.

Son plan, qui relève de la fiction, suggère le renforcement des mots de passe utilisés par les employés de l’entreprise et un verrouillage plus fréquent des ordinateurs de l’entreprise.

L’élève devra bientôt soumettre un questionnaire portant sur la cybersécurité et qui sera transmis à une véritable PME de la région d’Edmundston.

Elle devra par la suite analyser les résultats du sondage et donner des conseils afin d’améliorer la cybersécurité au sein de cette même entreprise.

La future experte en cybersécurité entend entamer cet automne des études en droit à l’Université Laurentienne, à Sudbury, en Ontario.