L’ancien bureau de poste de Dalhousie dévasté par les flammes

Condamné à la démolition par le conseil municipal en raison de son insalubrité et des risques pour les résidences voisines, l’ancien bureau de poste de Dalhousie aura finalement croulé sous les flammes avant les pics des démolisseurs.

L’incendie s’est déclaré vers 2h30 dans la nuit de samedi. C’est une voisine qui, après avoir vu de la fumée sortir du bâtiment, a alerté les services d’urgence.

Le bâtiment était rempli à craquer d’objets de toute sorte ayant été entassés compulsivement depuis des années par son propriétaire. Ce faisant, le brasier a rapidement pris de la vigueur, si bien que la brigade des incendies de Dalhousie a dû faire appel à sa consœur d’Eel River Dundee. Au final, les flammes ont complètement consumé la bâtisse vieille de plus de 80 ans.

La cause de l’incendie n’est pas connu pour le moment. La thèse du problème électrique semble toutefois écartée puisque l’édifice n’était plus connecté au réseau.

Fermé puis mis en vente par la province, le bâtiment fut acheté par un particulier – Bryan Parker – vers 2010 pour un montant d’environ 6500$. S’en est suivi par la suite un long bras de fer entre la ville et ce dernier, le conseil exigeant à de nombreuses reprises du propriétaire qu’il nettoie les lieux. La saga était sur le point de prendre fin alors que la Ville avait obtenu un avis d’expulsion de M. Parker ainsi qu’une autorisation de démolition en vertu de la Loi sur les lieux inesthétiques et dangereux.

Selon le maire de l’endroit, Norman Pelletier, la démolition était imminente. Le contrat avait même déjà été octroyé.

«Ça durait depuis 2012 avec M. Parker et ça n’allait à nulle part. L’édifice était solide de l’extérieur, mais de l’intérieur, il était fini et aussi rempli à craquer de déchets. On n’avait pas le choix, on a pris les grands moyens», raconte ce dernier.

Selon lui, deux entrepreneurs s’étaient montrés intéressés à acheter par l’édifice au cours des dernières semaines. Une vente aurait pu éviter la démolition du bâtiment. Cette option, M. Pelletier y a cru et l’a espérée jusqu’à la toute fin.

Sans avoir une très grande valeur patrimoniale ou historique, l’ancien bureau de poste constituait tout de même un cachet unique pour la Ville.

L’ancien bureau de poste de Dalhousie est passé au feu en journée. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

«Je ne peux pas blâmer le conseil municipal de l’époque pour ne pas avoir tenté de s’en porter acquéreur. Il faut réaliser que les élus, à ce moment, en avaient plein les bras avec la fermeture de nos industries ainsi que de la centrale électrique. Ils ne pouvaient pas s’encombrer d’un autre bâtiment vide, même s’il possède une certaine valeur historique pour Dalhousie. Reste que c’est vraiment dommage qu’un tel

édifice ait connu une telle fin. Il avait du potentiel», estime M. Pelletier.

Selon le maire, l’ancien bureau de poste est l’exemple parfait de la pertinence de la Loi sur les lieux inesthétiques et dangereux et de l’importance de son application.

«C’était devenu un véritable danger et, avec raison, un repère à incendie pouvant être dangereux pour les résidences des alentours. Au cours des dernières années d’ailleurs, les voisins pouvaient à peine sortir à l’extérieur et jouir de leur domicile tellement les odeurs qui s’échappaient de là étaient puissantes», souligne M. Pelletier.

À Dalhousie depuis les dix dernières années, c’est près d’une quarantaine de bâtiments qui ont été jetés au sol en vertu de cette loi. Une dizaine d’autres sont toujours à l’étude.

Le bureau de poste est toutefois aussi un exemple, selon lui, du peu de rigueur mis de l’avant par le gouvernement lorsque vient le temps de céder ses bâtiments.

«Le gouvernement devrait regarder de plus près à qui il vend ses bâtiments et dans quels objectifs afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent – comme ce fut le cas ici – entre les mains de gens qui n’en prendront pas soin. L’idée c’est d’éviter de voir des bâtiments de grande valeur, avec du potentiel, être repris par des gens qui ne pourront pas s’en occuper comme ce fut le cas ici», indique le maire.

Ce dernier a d’ailleurs en tête l’ancien bureau de direction du district scolaire anglophone, un bâtiment vide depuis quelques années et qui est sur le marché immobilier.

«Est-ce un sort similaire qui attend cette bâtisse? J’espère que non», note M. Pelletier, notant d’un même trait que la municipalité ne peut, de son côté, acheter tous les bâtiments vacants du gouvernement.