Un plébiscite sur la défusion de Tracadie en 2020?

Forte d’un appui de plus de 1430 signataires recueillis en trois mois, l’ancienne conseillère municipale Norma McGraw a déposé une pétition devant les élus de la Municipalité régionale de Tracadie, lundi soir. Elle demande la tenue d’un plébiscite, en 2020, visant à séparer les DSL à la ville de Tracadie-Sheila.

«Nous, citoyens(ennes) de la Municipalité régionale de Tracadie, demandons au conseil municipal de Tracadie de passer une résolution afin de demander au ministre des Gouvernements locaux (NDLR: Jeff Carr) d’effectuer, lors des élections municipales de 2020, un plébiscite posant la question suivante: êtes-vous en faveur de la dissolution de la Municipalité régionale de Tracadie en séparant les DSL de la Ville de Tracadie-Sheila?», a-t-elle déclaré à la fin de la réunion ordinaire de la MRT, lundi soir.

Mme McGraw a lu un document de cinq pages, dans lequel elle énumère les «raisons sommaires» de l’échec du projet Ensemble vers l’avenir, approuvé à 53% lors du vote de décembre 2013 avec un taux de participation de 67%.

Elle stipule que le projet n’a pas rencontré les promesses faites aux citoyens. Elle ajoute que «la publicité et les informations des promoteurs ont induit en erreur» la communauté. Ces informations ont été utilisées pour inciter les citoyens à voter en faveur du regroupement, dénonce-t-elle.

«Comme citoyens, nous nous sentons lésés par l’approche utilisée et par la constatation que nous sommes désavantagés par ce regroupement. Nous sommes d’avis que les conditions sous lesquelles nous nous sommes regroupés nuisent davantage au développement de nos communautés, tant en milieu urbain que rural», a-t-elle signalé devant les élus.

Si Mme McGraw n’a pas voulu mettre en doute le travail des promoteurs d’Ensemble vers l’avenir, elle soutient que les informations transmises ne représentaient pas la réalité dans les domaines de l’assiette fiscale projetée, l’état des infrastructures, ainsi que sur la situation financière et administrative de l’ancienne ville de Tracadie-Sheila.

Notant plusieurs lacunes dans le processus, elle prétend qu’il «est plus facile de comprendre pourquoi la MRT est vouée à l’échec à moyen et long terme» quand elle prend connaissance des recommandations du rapport Finn sur la gouvernance locale de 2008.

La porte-parole expose également un «déficit grandissant» en matière d’infrastructures sur le territoire de la MRT et se demande comment utiliser le fonds fédéral de la taxe sur l’essence afin d’assurer une équité de développement dans les anciens DSL et la ville.

Concernant l’entretien et la construction de routes, Mme McGraw insiste sur le fait que le transfert des routes (des DSL à la MRT) menacerait la viabilité des municipalités.

«Nous sommes conscients qu’il y a eu des avancées sur le sujet. Toutefois, à date, il n’y a rien de concret de la part du gouvernement. Il n’y a rien qui nous garantit que le transfert n’aura pas lieu. Nous savons tous que les paroles sont volatiles et que seuls les écrits restent», a-t-elle mentionné, en faisant référence à ce qui se passe actuellement à Saint-Quentin avec le retour ou non du bureau de Service NB.

Au sujet de l’évolution démographique et économique, la porte-parole rappelle que les 12 000 citoyens des 18 DSL du Grand Tracadie contribuent, à leur manière, à l’épanouissement de la MRT.

Mme McGraw poursuit en mettant sur la table une discussion téléphonique avec le sous-ministre adjoint Ryan Donaghy, survenue vendredi. Il aurait dit que le projet Ensemble vers l’avenir «n’était rien d’autre qu’un plan, une étude de faisabilité, une feuille de route (road map)» et qu’il n’y aurait pas d’entente contractuelle.

«Nous concluons que la population (du Grand Tracadie) a été dans l’impossibilité de formuler un consentement éclairé (lors du vote de décembre 2013», conclut Mme McGraw.

Le début du compte à rebours?

La pétition déposée par Norma McGraw est-elle le début du compte à rebours menant à la dissolution de la Municipalité régionale de Tracadie? Chose certaine, les élus ont accepté de discuter de la demande de plébiscite demandé pour mai 2020 mardi prochain en réunion du comité plénier.

Le maire Denis Losier a écouté attentivement les doléances de Mme McGraw, qu’il a trouvées très appropriées.

«Cette analyse sera très importante, a-t-il justifié. Ça soulève des préoccupations et des réalités des regroupements municipaux.»

Les élus auront notamment à déterminer si les 1432 signataires de la pétition représentent vraiment une large opinion par rapport aux 16 100 citoyens de la MRT.

«On verra le son de cloche. On prendra ensuite en résolution, à la fin du mois, si le conseil municipal ira de l’avant avec une demande de plébiscite. Il y a urgence de se questionner et de réfléchir là-dessus», a-t-il ajouté.

Le conseil municipal aura toujours le loisir de se positionner tout de suite sur cette possibilité ou attendre à l’automne, après avoir entendu les pistes de solution du gouvernement Higgs concernant le transfert des routes des anciens DSL et leur charge financière. La MRT a récemment rejeté une proposition de 4,6 millions $ pour s’occuper de plus de 200 kilomètres de route.

«Tout le monde a compris que la MRT ne peut pas accepter le fardeau des routes. J’ai hâte de voir le son de cloche au comité plénier. Il faudra prendre des dispositions et le compte à rebours est commencé. Il nous reste 11 mois», a signifié M. Losier.