Les pêcheurs du Nord-Est se plaignent du prix du homard

L’inquiétude et la frustration montent parmi les pêcheurs du Nord-Est relativement au prix du homard. Ils s’expliquent difficilement comment le prix de base est le même que l’an dernier, même si les conditions de marché se sont améliorées.

Les homardiers du nord-est du Nouveau-Brunswick ne sont pas satisfaits des prix qu’ils reçoivent pour leurs prises, soit 5$ pour le homard de petite taille (canner) et 5,50$ pour celui de plus grande taille (market).

Réjean Comeau, vice-président pour le Nouveau-Brunswick à l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), assure qu’il ne s’agit pas encore de prix définitifs. Plusieurs dirigeants d’usines de transformation ont affirmé aux pêcheurs que les prix seront probablement ajustés à la hausse la semaine prochaine.

Plus les jours avancent, cependant, plus les inquiétudes se transforment en frustrations.

«On prévoyait 0,50$ à 1$ la livre de plus. Ils nous disent qu’on va commencer comme l’an dernier et qu’on va ajuster. Mais moi, je ne crois pas au père Noël. On a vendu des milliers de livres de homard et s’ils décident de ne pas ajuster, il est trop tard.»

«On ne panique pas. On va donner la chance au coureur. Mais les pêcheurs commencent à avoir de la frustration.»

Lorenzo Doiron, pêcheur de Bas-Caraquet, souligne que le taux de change avec le dollar américain est favorable aux exportations canadiennes cette année. La valeur du dollar canadien se situe à environ 0,74 $US, depuis un mois, comparativement à 0,78$, il y a un an.

De plus, affirme-t-il, les stocks de homard sur les marchés ne sont pas aussi abondants qu’en 2018.

M. Comeau ajoute qu’au Seafood Expo North America à Boston, en mars, plusieurs producteurs ont affirmé que la demande est élevée cette année.

«Les pêcheurs ne sont vraiment pas contents du prix. Le homard vaut au moins 5,50$ et 6$», mentionne Lorenzo Doiron.

Même son de cloche dans la région de Baie-Sainte-Anne. L’Acadie Nouvelle a joint Ligouri Turbide, chef pompier de la région qui pêche sur le bateau de son frère. Le plus frustrant, selon lui, est le fait que des pêcheurs d’ailleurs reçoivent un meilleur prix.

Ruth Igness, de l’UPM en Nouvelle-Écosse, a affirmé à l’Acadie Nouvelle que les homardiers du Sud-Ouest reçoivent 7,25$ la livre pour leurs débarquements. Ceux au large d’Antigonish, dans le nord, reçoivent 6$ la livre pour le petit homard et 6,75$ la livre pour le gros.

«Les pêcheurs d’ici disent que ça n’a pas d’allure. En Nouvelle-Écosse, ils ont 7$ et plus, puis ici on a commencé à 5$. Il y a quelque chose qui se passe. On ne comprend pas pourquoi notre homard a moins de valeur. Ils ne nous ont pas vraiment donné d’explications.»

De meilleurs débarquements

Après un début de saison aux débarquements ralentis par les températures froides, les prises s’améliorent sur certains quais du Nord-Est. Dans le nord de la zone de pêche, des homardiers capturent 700 à 1000 livres par jour.

Ce n’est tout de même pas le niveau le plus élevé du golfe du Saint-Laurent.

«À l’Île-du-Prince-Édouard, semble-t-il que c’est vraiment bon. J’ai parlé avec un acheteur à Miscou hier (lundi), et il a dit que ça se joue de 1000 et 1500 livres», explique Lorenzo Doiron.

D’autres pêcheurs ont un peu moins de chance. Ligouri Turbide affirme que dans le sud de la zone, les bonnes prises arrivent habituellement une semaine plus tard qu’ailleurs.

«On joue dans les 300 à 400 livres par jour. J’ai su qu’à Pigeon Hill et Val Comeau c’est mieux, mais ici on est habituellement une semaine derrière eux. On va le souhaiter en tout cas!» lance-t-il en riant.

La pêche a été lancée il y a un peu plus d’une semaine dans la zone 23, qui s’étend de Dalhousie à Pointe-Sapin. Elle se termine en début juillet.