Combien coûte à l’économie l’absence d’une route à accès limité entre Janeville et Bertrand?

S’il est important de savoir comment va coûter une route 11 à accès limité entre Janeville et Bertrand, il est encore plus important de savoir ce que cela peut coûter de ne pas avoir ce lien routier de premier ordre liant les régions de la Péninsule acadienne et Chaleur.

C’est le message qu’a lancé le maire de Petit-Rocher, Luc Desjardins, mercredi soir pendant la réunion mensuelle de la Commission des services régionaux Chaleur, à Bathurst.

Et pour le savoir, ça prend une étude, a-t-il insisté.

«Le coût touristique et social, on le connaît. Mais si on veut que ça fonctionne, il faut une étude d’impact économique pour connaître ce que ça nous coûte de ne pas avoir cette route. C’est cet argument qui va convaincre l’opinion publique et le politique. Le Haut-Madawaska travaille pour faire reconnaître leurs routes sur le réseau national et il le fait avec des études», a-t-il lancé.

Son propos fait suite à une récente rencontre des CSR de la Péninsule acadienne et Chaleur avec les élus provinciaux locaux à ce sujet, à Bathurst.

«Il faut en faire un cas économique, car c’est ce que les politiciens écoutent. Si ça coûte 200$ de plus à un camion pour faire une livraison dans la Péninsule, c’est important que ce soit bien documenté et combien peuvent coûter à notre économie ces frais additionnels. Nous avons une responsabilité de faire une étude sur l’absence de cette route pour améliorer nos chances dans notre lobbying. Je ne pense pas que c’est de l’argent jeté au feu», a mentionné M. Desjardins.

Le président de la CSR-Chaleur et maire de Beresford, Jean-Guy Grant, semble d’accord avec cette idée. Il se dit prêt à discuter avec son homologue de la Péninsule acadienne afin d’en partager la facture.

«Les gens sont vendus déjà à ce projet ici et dans la Péninsule. On veut que la province se compromette dans les démarches pour les plans et l’arpentage. Le développement économique est très important, comme la tourbe, le bleuet ou les fruits de mer qu’on pourrait amener plus facilement à Belledune, créer de l’emploi et garder nos jeunes. C’est aussi une question de sécurité. La route a été fermée à quelques reprises cet hiver. C’est épouvantable», a-t-il signalé.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, s’est aussi montré favorable avec une telle étude si c’est réellement un besoin pour convaincre les gouvernements, mais il rappelle que les élus doivent être imputables de l’argent des contribuables.

«On prêche à des convaincus, a-t-il noté à la suite de la rencontre de mai. Les députés du Nord nous appuient. Mais ça bloquait plus haut, avec un précédent gouvernement qui disait qu’on avait eu assez d’argent dans le Nord. C’était décevant. On a encore ce même appui des députés locaux, de la Péninsule, de la région Chaleur et des DSL. C’est très encourageant. Nous allons continuer notre lobbying. C’est le seul moyen de transport pour sortir de la marchandise de la Péninsule et elle perd sa compétitivité par rapport aux marchés mondiaux. On ne veut pas un engagement de route pour 2025; on veut des plans prêts pour obtenir des programmes fédéraux.»

Avant de penser à rouler sur une nouvelle route 11 entre la Péninsule acadienne et la région Chaleur, il faut des plans et un tracé acceptables pour les financeurs de ce projet de près de 50 millions $, a également indiqué Georges Savoie, président de la CSR-PA.

«Nous demandons qu’un tracé soit réalisé pour que nous puissions le vendre à nos citoyens. Nous voulons surtout nous entendre sur l’importance de cette route pour la population. On ne veut pas que ce soit une route politique», a-t-il allégué.

Il est aussi conscient que même la route menant à Rome ne s’est pas construite en un jour. Ça va donc prendre des études d’impact environnemental et probablement des ententes d’expropriation, même si la majorité de la voie passera dans les terres de la Couronne.

«Les voies de contournement de Caraquet et de Miramichi ont été réalisées parce qu’il y avait de l’argent et un tracé approuvé. Un jour, il y aura aussi de l’argent pour notre projet. Mais ça nous prend un tracé avant. Comment pouvons-nous aller cogner à la porte du fédéral sans un plan? Il faut bien se préparer», admet M. Savoie, qui désire poursuivre régulièrement les discussions avec les politiciens à ce sujet.