D’importants dommages à Sainte-Anne-du-Bocage

Quand l’Acadie Nouvelle s’est présentée au sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage de Caraquet pour y constater l’état des dommages causés par la chute de plusieurs arbres, il ne s’attendait pas à trouver un autre coupable que le dur hiver.

De nombreux trous dans les troncs d’érables et d’épinettes presque centenaires nous ont mis sur une nouvelle piste: le Grand pic.

Le nettoyage du printemps sera une corvée particulièrement ardue sur le site historique. Plusieurs gros arbres n’ont pas réussi à traverser sans encombre une saison morte particulièrement difficile en vent et en neige.

Plus d’une dizaine de conifères et de feuillus ont cédé sous la force d’Éole, particulièrement violent en mars. Deux immenses épinettes sont notamment tombées dans le chemin de croix du lieu, évitant de très peu l’une des statuettes blanches et son monticule de pierres.

Heureusement, aucun bâtiment n’a été endommagé.

Ces arbres n’ont pas été déracinés, comme ça avait été le cas lors du passage de l’ouragan Arthur en 2014. Ils avaient également traversé, non sans y perdre quelques branches, les aléas du verglas de 2017.

Ils ont cassé dans le tronc, dévoilant du coup des coeurs ravagés par des fourmis.

Des fourmis dont raffole justement le Grand pic, facilement reconnaissable par sa crête rouge au-dessus de sa tête.

Le Dryocopus pileatus (merci Google!) est très friand de ces insectes qui pullulent dans le tronc d’arbres à maturité ou encore sur le point de mourir. Quelques spécimens ont fait du sanctuaire de Caraquet leur buffet à volonté, semble-t-il…

Les arbres cassés témoignent du travail acharné de ce volatile.

Il serait certes exagéré de dire que le boisé est menacé par les coups de bec de cet oiseau qui ne manque pas d’acharnement quand vient le temps de quêter son dû, mais la situation est préoccupante. Assez pour craindre prochainement la perte de quelques arbres quasi centenaires qui font le charme du site.

Deux gros érables, près de l’autel extérieur à l’arrière de la chapelle, sont attaqués par ces bêtes à plumes qui, clairement, ne vont pas là pour prier. Une promenade dans les sentiers révèle également la présence de plusieurs trous dans de nombreuses épinettes et autres érables.

Cette statuette du chemin de croix du sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage a évité de justesse la chute de deux grosses épinettes. On peut très bien apercevoir les trous creusés par le Grand pic. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Maintenant que presque toute la neige est fondue, des employés affectés à l’entretien du sanctuaire sont affectés à déblayer le tout, a fait savoir le père Réjean Landry, administrateur du lieu historique.

Lundi après-midi, le son de la scie mécanique débitant quelques gros morceaux tranchait le silence et l’ambiance de recueillement qui habitent normalement cet endroit.

«Nous sommes au courant des dégâts, mais je ne les ai pas vus personnellement. Nous avons eu une réunion du conseil d’administration et nous recevons l’information de notre employé. Nous ne pouvions rien faire cet hiver en raison de la neige», a expliqué le père.

Le site est fermé l’hiver, mais cela n’empêche pas plusieurs marcheurs de se rendre sur place. La chapelle est également ouverte au public. On peut y faire brûler des lampions.

Le père Landry a assuré que l’argent des paroissiens sera bien utilisé pour le nettoyage du sanctuaire qui abrite également le premier cimetière post-Déportation.

«C’est l’argent du peuple et nous ne la dépenserons pas inutilement», a-t-il précisé.

La première activité de la saison au sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage de Caraquet est la présentation du Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer, à la mi-juin.

L’endroit accueille plusieurs fidèles en juillet lors de la neuvaine de prières et de célébrations dédiée à Sainte Anne, la mère de Marie et grand-mère de Jésus.