Foyers de soins: des syndiqués invectivent Blaine Higgs

Les travailleurs des foyers de soins ont apostrophé Blaine Higgs mercredi à l’Assemblée législative.

L’altercation entre la présidente du Conseil des syndicats des foyers de soins et le premier ministre a eu lieu alors que celui-ci s’apprêtait à répondre aux questions des journalistes.

Sharon Teare a interrompu la mêlée de presse pour dénoncer la façon dont M. Higgs décrivait l’impasse entre les syndiqués et le gouvernement à la table de négociation.

La directrice des communications du premier ministre, Nicolle Carlin, s’est rapidement interposée entre Mme Teare et M. Higgs et a mis fin à la mêlée de presse.

La directrice des communications du premier ministre, Nicolle Carlin (au centre), s’est interposée entre Blaine Higgs et Sharon Teare pour mettre fin à l’altercation. – Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau

La présidente du syndicat était toujours en train de crier lorsque le premier ministre a quitté les lieux avec son entourage sans dire un mot.

– Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau

«Écoutez les travailleurs qui se préoccupent des gens! Écoutez les travailleurs! Vous n’arrêtez pas de nous mettre à l’écart. Écoutez-nous! Nous sommes des êtres humains», a-t-elle scandé.

Les travailleurs des foyers de soins accusent les gouvernements d’avoir déclaré dans un communiqué de presse que les négociations étaient dans une impasse alors que les syndiqués étaient toujours à la table.

Le premier ministre Higgs affirme plutôt que ce sont les syndiqués qui ont quitté la table des négociations après avoir refusé la plus récente offre du gouvernement.

Les 4100 travailleurs de 46 foyers de soins sont sans contrat de travail depuis 2 ans et demi.

Ils ne peuvent pas faire la grève en raison d’un arrêt de procédure décrété par la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick en attendant une révision judiciaire qui doit commencer le 24 mai.

Les syndiqués n’en étaient pas à leur premier coup d’éclat mercredi. Plus tôt ce mois-ci, une dizaine d’entre eux ont occupé le hall d’entrée du ministère du Développement social à Fredericton pendant 72 heures afin d’obtenir une rencontre  avec la ministre Dorothy Shephard.

Les travailleurs n’ont pas le choix de recourir à la désobéissance civile puisqu’on leur a retiré le droit de grève, a confié Sharon Teare.

«Pensez-vous que j’ai le goût de venir ici pour me montrer en spectacle? J’ai 52 ans et je n’ai jamais été désobéissante. Je n’ai même jamais eu de contravention de stationnement. J’ai dormi sur un sol de ciment pendant trois nuits pour avoir une rencontre de deux heures», a-t-elle lancé aux médias.

Blaine Higgs a qualifié l’altercation avec Mme Teare de «malheureuse» et de contreproductive lorsqu’il s’est adressé aux médias quelques minutes plus tard dans un autre édifice.

Le premier ministre a révélé que la dernière offre du gouvernement comprenait trois hausses salariales rétroactives de 1% par année, suivies de deux hausses annuelles de 2%. Ces deux dernières hausses seraient toutefois conditionnelles à une réduction des absences pour raison de maladie ou d’accident du travail.

«Nous avons suggéré de mettre sur pied un comité pour trouver des façons de réaliser des économies dans le système. Les journées de maladie sont un exemple. Nous ne pouvons pas seulement taxer les gens davantage pour payer pour (ces augmentations de salaire)», a-t-il dit.

Les travailleurs sont plutôt d’avis que des hausses de salaire plus importantes et plus rapides sont nécessaires afin de remédier à la pénurie de personnel qui cause l’épuisement des employés des foyers de soins.

«Pensez-vous que nous voulons être malades? Qu’est-ce qui cause ces absences? Vous voulez faire travailler davantage une personne malade qui n’est pas en état physique ou mental pour travailler? Les visites chez le psychologue sont en hausse. La prise d’antidépresseurs est en hausse», a dit Sharon Teare.

Les syndiqués demandent au gouvernement d’aller en arbitrage exécutoire sans condition afin de régler l’impasse.

Le Parti libéral et le Parti vert sont pour l’arbitrage exécutoire. Le débat sur une motion des libéraux pour demander au gouvernement de consentir à l’arbitrage doit d’ailleurs reprendre jeudi.

Lors du dernier débat sur cette motion, les députés de l’Alliance des gens, qui s’étaient d’abord dit pour l’arbitrage exécutoire, ont déposé un amendement pour limiter la portée de cet arbitrage.

Mercredi, le chef de l’Alliance, Kris Austin, a refusé de dire s’il tenait toujours à son amendement. Il a toutefois rappelé que même une motion adoptée par une majorité de députés ne peut forcer le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs à accepter l’arbitrage exécutoire sans condition.