Saumons: les efforts pour repeupler la rivière Népisiguit portent fruits

Aujourd’hui, grâce au travail d’un groupe de bénévoles dévoués, le saumon de l’Atlantique se porte bien dans la rivière Népisiguit et ses tributaires. Il y a près de 50 ans, c’était loin d’être le cas. La santé de l’espèce et de la rivière en général était grandement menacée par des écoulements de déchets toxiques provenant des exploitations minières à proximité.

Dans quelques semaines, les membres de l’Association du saumon Népisiguit déposeront quelque 142 000 alevins de saumon dans la rivière. Depuis 1985, plus de 6 millions d’alevins de saumon ont été déposés pour repeupler la Népisiguit.

Tous ne restent pas dans ces eaux. Après leur migration vers le nord de l’Atlantique, environ deux saumons sur 1000 reviennent au printemps pour la période du frai, indique Michel Poitras, coordonnateur du projet. L’intervention humaine permet d’améliorer le taux de survie. À l’état naturel, seulement un saumon sur 1000 revient au printemps pour le frai.

M. Poitras est fier du travail accompli.

«C’est incroyable à voir. C’est un long processus. C’est stressant. C’est seulement la santé de la rivière et du saumon qui est entre nos mains. Pas de stress!»

L’Association du saumon Népisiguit a été fondée il y a environ 40 ans par des amateurs de pêche, dont la plupart étaient des employés des mines de la région de Bathurst, pour préserver l’espèce. En plus de la pollution dans la Népisiguit et ses tributaires, le saumon était également menacé par le braconnage et la surexploitation commerciale au large du Groenland.

«Ce groupe d’individus a commencé à travailler avec Pêches et Océans Canada afin de rétablir la santé de la rivière», souligne Wayne Clowater, président de l’Association du saumon Népisiguit.

«À l’époque, la rivière était contaminée. Alors, comment faire pour rétablir les stocks de saumon? Leur habitat avait été ruiné. Pour rétablir l’espèce, l’être humain a dû intervenir. On répète le processus presque chaque année», ajoute-t-il.

Aujourd’hui, si le projet de restauration du saumon connaît beaucoup de succès, c’est aussi grâce à une importante collaboration avec les membres de la Première nation Pabineau.

Mode d’emploi

Chaque automne, des responsables autochtones du projet sélectionnent des poissons-géniteurs, qui sont transportés vers une écloserie à Charlo. Dans l’écloserie, les œufs sont fertilisés. Les saumons géniteurs sont ensuite remis à l’eau, dans leur habitat naturel. Une fois éclos, les jeunes alevins sont placés dans des boîtes d’incubation et conservés sur un site à proximité d’une centrale énergétique d’Énergie NB situé près des chutes Népisiguit.

Lorsqu’ils sont prêts, les alevins sont placés dans la rivière.

«C’est une méthode près de la nature. Les poissons-géniteurs sont de la rivière, et les œufs sont incubés et conservés dans l’eau de la rivière. Ça marche depuis des années et nous croyons qu’elle pourrait être employée ailleurs dans la province et en Atlantique», dit Wayne Clowater.

La Première nation Pabineau est également responsable de l’aménagement temporaire d’une barrière de dénombrement de poissons, qui permet de dresser un bilan des stocks.

«Le saumon doit traverser la barrière pour monter la rivière. Ça nous permet de recueillir des données biologiques comme le poids, l’âge et le sexe. L’an dernier, en raison du temps sec, les poissons n’ont pu traverser le barrage. Nous n’avons pas pu obtenir des données avant la fin octobre.»

M. Clowater regrette que l’organisme ne reçoive pas plus d’aide du gouvernement. Cette année, il a reçu une subvention de 14 800$ du Fonds en fiducie pour l’environnement du gouvernement provincial.