Un diplôme synonyme d’énormes sacrifices

La toge est assurément l’un des symboles les plus puissants de la réussite des études postsecondaires. Chacune de ses coutures peut représenter le succès, l’échec, le travail, le doute, la peine, l’ennui, les heures sans sommeil et les sacrifices. Mais elle n’est qu’un bout de tissu quelconque si personne ne la porte.

«Ça finit bien l’aventure.»

Karine Saint-Pierre-Desjardins porte magnifiquement bien la toge. Comme les 76 autres étudiants qui ont reçu leur diplôme de l’Université de Moncton, campus de Shippagan, vendredi.

Elle tient fièrement sa raison d’avoir déménagé de Mirabel, en banlieue de Montréal, à Shippagan, il y a deux ans. C’est son baccalauréat en gestion de l’information. Mais c’est aussi tout un chapitre de sa vie qui vient de prendre fin.

«Ce que je ressens en ce moment? C’est de la fierté. Je suis une personne humble et timide de nature. Mais là, c’est de la fierté», avoue cette femme âgée de 28 ans.

Certes, la vie universitaire est remplie de travaux interminables, de cours du soir et d’examens de fin de semaine. Ce sont des heures incalculables plongées dans des livres ou devant son écran d’ordinateur. Ce sont des repas à la sauvette et beaucoup de café.

Mais pour Karine, cela a également signifié un dépaysement total entre la vie trépidante de la métropole québécoise et le calme de la Péninsule acadienne. Avec un conjoint et une fille en plus…

«J’ai dormi, mais pas beaucoup, a-t-elle avoué avant la cérémonie. Surtout que mon père s’est présenté sans s’annoncer. Je suis sur un petit nuage présentement. Je suis vraiment contente. Là, c’est la réalité.»

Pendant ces deux années, Karine a demandé d’énormes sacrifices à son conjoint Louis-Philip Lebel-Pelletier et à sa fille Olivia. Elle a aussi beaucoup appris sur elle-même.

«Des fois, j’avais le goût de lâcher. En fait, c’est arrivé souvent. C’est dur quand la famille est loin. Mais ça forge le caractère. Et je veux prouver à Olivia que si on met les efforts et même si ça demande de changer de province, on peut réussir», déclare-t-elle, en regardant sa jolie puce aux yeux bleus magnifiques.

Karine Saint-Pierre-Desjardins reçoit son diplôme du baccalauréat en gestion de l’information des mains du recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, Jacques Paul Couturier. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Louis-Philip a les yeux dans l’eau. Il trouve difficilement les mots pour exprimer toute la fierté de voir sa conjointe avec ce diplôme en main.

«Elle a bûché tellement… Je suis sans mot. Elle est arrivée à son but. Cela n’a pas été facile, mais le déménagement n’a pas été si pire. Je crois qu’on avait besoin de décrocher de la ville. Ici, à Shippagan, on a trouvé la paix», affirme celui qui dit connaître quasiment par coeur la passerelle de bois, derrière l’UMCS.

Benoît Desjardins ne voulait certainement pas manquer ce moment. Il était content quand sa fille lui a annoncé qu’elle venait dans la Péninsule acadienne.

«Il fallait qu’elle sorte de sa zone de confort. Je savais qu’elle avait le potentiel pour réussir. Ç’a été un gros défi pour eux avec la petite. Il fallait trouver un appartement, gérer les horaires, etc. Mais ça ne m’inquiétait pas. Karine est une battante et une perfectionniste. C’est une bonne travaillante.»

La petite famille passera encore une année dans la région. Mais là, c’est le moment de célébrer. Avec des bulles, comme il se doit. Et un diplôme en main.