Le gouvernement Higgs abolit l’Unité de lutte contre la contrebande

Le gouvernement Higgs met la hache dans l’Unité de lutte à la contrebande du Nouveau-Brunswick, qui avait comme mandat principal de contrecarrer le commerce de tabac illégal.

Le ministre de la Sécurité publique, Carl Urquhart, a décidé le 8 mai dernier de mettre un terme aux activités de cette unité mise sur pied en 2016 par les libéraux de Brian Gallant.

Depuis sa création, cette entité mettait des bâtons dans les roues des trafiquants en saisissant des millions de cigarettes. Son travail a mené au dépôt d’accusations et à l’imposition de dizaines d’amendes totalisant des millions de dollars (dont la plupart n’ont cependant pas été payées).

L’abolition de l’Unité, révélée cette semaine par le quotidien anglophone Daily Gleaner, a été confirmée vendredi par le gouvernement provincial.

L’agente des communications du ministère de la Sécurité publique, Alexandra Davis, affirme que cette compression permettra à Fredericton d’économiser 950 000$ cette année. Tout ça sans qu’un seul fonctionnaire ne perde son emploi.

«Les sept employés permanents qui travaillent actuellement au sein de cette unité vont demeurer employés de la fonction publique en étant affectés à des postes vacants au sein du ministère», dit-elle dans un courriel à l’Acadie Nouvelle.

Les membres de l’Unité – des anciens policiers ou des recrues fraîchement débarqués sur le marché du travail – s’affairent présentement à boucler les dossiers en suspens. Ils intègreront leurs nouveaux postes au début juin.

L’opposition officielle dénonce

Le député libéral Stephen Horsman – qui était le ministre de la Sécurité publique lors de la création de l’Unité en 2016 – est monté aux barricades, vendredi lors de la période des questions à l’Assemblée législative.

Selon cet ancien policier, cette abolition «va faire mal aux gens et aux communautés du Nouveau-Brunswick» puisque «la contrebande illégale est une menace aux Néo-Brunswickois, à nos jeunes et à notre économie».

Le ministre actuel de la Sécurité publique (qui est lui aussi un ancien policier), Carl Urquhart, n’a pas bronché et a répondu qu’il a évalué toutes les unités de son ministère lorsqu’il est entré en poste.

«J’aurais pu les laisser comme ça et me contenter d’encaisser ma paie, mais ce n’est pas ce que j’ai fait. Je pensais que cette section devait être (démantelée et) mise ailleurs et que l’on pourrait mieux s’attaquer au problème (de la contrebande de tabac) en donnant plus de moyens aux autres sections», a-t-il dit.

Stephen Horsman est revenu à la charge en affirmant que la vente de produits de contrebande au Nouveau-Brunswick est surtout contrôlée par le crime organisé et que des gangs sont associées à la vente de tabac illégal.

«Les revenus de la vente de tabac illégal sont souvent canalisés par l’entremise de criminels. Ces derniers se servent de cet argent pour financer leurs activités illégales, qui incluent le trafic de fusils, de drogues et d’humains», a-t-il dit

Le ministre Urquhart a expliqué que les personnes arrêtées par l’Unité étaient habituellement des criminels en bas de l’échelle qui transportaient simplement la marchandise.

«Les coursiers se voyaient imposer des amendes très salées, mais ils n’avaient pas d’argent pour payer ces amendes», a-t-il expliqué.

Selon lui, bon nombre des personnes pincées par l’Unité ont donc fini par se retrouver derrière les barreaux, ce qui a coûté cher au gouvernement provincial.

«Le gars qui avait reçu 50$ pour faire une course pour eux (les contrebandiers: NDLR) était en prison pendant trois mois et c’est nous qui payions pour ça. Je ne sentais pas que c’était la meilleure utilisation de nos ressources.»