Climat: Jean-François Breau lance un défi à la jeunesse

L’auteur-compositeur-interprète Jean-François Breau invite la jeunesse néo-brunswickoise à se mobiliser pour le climat.

L’Acadien originaire de Tracadie a les deux pieds dans la lutte environnementale au Québec. Il fait notamment partie des signataires initiaux du Pacte pour la transition qui vise à convaincre les Québécois et leurs leaders de «poser les gestes qui s’imposent pour protéger le monde dans lequel nous vivons et nous diriger vers un avenir sobre en carbone».

Depuis mardi, Jean-François Breau peut aussi être aperçu dans une vidéo en ligne faisant la promotion du Pacte avec une trentaine d’autres artistes bien connus. Plus de 277 000 personnes ont déjà signé le Pacte.

«Il faut réussir à faire une transition pour que l’on arrête au plus maudit de sortir le pétrole (de la terre) et de dépendre des combustibles fossiles», lance-t-il en entrevue téléphonique.

«Tant et aussi longtemps que notre économie va être basée là-dessus, ça va être difficile de faire changer les choses.»

Même si le Pacte est une initiative essentiellement québécoise, Jean-François Breau rêve d’un mouvement semblable au Nouveau-Brunswick et compte sur la jeunesse pour prendre le flambeau.

«Aujourd’hui, je lance le défi aux jeunes de par chez nous de sortir dans la rue pour dire qu’ils existent eux aussi et qu’ils en ont des bonnes idées et qu’ils sont capables de challenger les leaders du Nouveau-Brunswick. En s’inspirant du Pacte, eux aussi sont capables de faire changer les choses.»

«C’est eux qui ont le pouvoir de débarquer dans la rue et de dire “nous n’acceptons pas ça”. C’est eux qui ont le pouvoir de parler (au premier ministre) Blaine Higgs et de dire “ ce n’est pas vous qui allez décider, c’est nous.”»

Jean-François Breau avoue avoir souffert d’écoanxiété avant d’entendre parler du Pacte pour la transition. À titre de jeune père, l’urgence climatique lui paraît particulièrement menaçante.

«Est-ce que ma fille va avoir besoin de se battre pour manger, pour respirer et pour boire de l’eau propre?»

«J’ai été soulagé de comprendre que je n’étais pas le seul à vivre cette anxiété là», dit-il. «Ça m’a fait me politiser comme individu, comme humain, comme citoyen et comme papa.»

Les communautés côtières comme celles de la Péninsule acadienne sont spécialement à risque en raison des changements climatiques, souligne l’artiste.

«J’ai envie de revenir dans la Péninsule acadienne et de montrer à ma fille où j’ai grandi et d’où elle vient. Nous avons la chance au Nouveau-Brunswick et dans la Péninsule acadienne d’être au bord de la mer et d’avoir accès au garde-manger qu’est le golf du Saint-Laurent, d’avoir de belles plages et de fonder une partie de notre économie sur le tourisme. Mais tout ça, c’est menacé en ce moment. Ce sont ces parties du monde qui sont en train d’y goûter le plus.»

Le message du Pacte devrait donc avoir une résonnance particulière dans ces régions, selon Jean-François Breau.

«Il y a des jeunes de partout dans le monde qui sont en train de faire changer les choses. Chez nous, il y en a une belle jeunesse et nous avons été historiquement habitués à sortir dans les rues pour revendiquer des choses.»

«Je suis à 100% derrière eux et je suis “game” d’être là avec eux et de marcher avec eux.»

En plus de faire pression sur les gouvernements, les signataires du Pacte s’engagent aussi à modifier leurs comportements afin de réduire leur empreinte sur l’environnement, explique Jean-François Breau.

«Comme citoyens, nous sommes capables de changer nos habitudes de vie dans la mesure de notre capacité. Nous ne te demandons pas d’être exemplaire demain matin. Nous te demandons de changer tes habitudes et d’en parler avec le monde autour de toi.»