Tracadie veut ratifier une déclaration d’urgence climatique

La Municipalité régionale de Tracadie entame les démarches afin de devenir la première municipalité de la Péninsule acadienne à ratifier la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique.

Les élus ont appuyé l’initiative apportée par le maire Denis Losier, mardi soir, en réunion du comité plénier. Dans les prochaines semaines, ils évalueront le contenu de cet engagement qui vise à réclamer immédiatement une diminution des émissions de gaz à effet de serre et l’atteinte d’une société carboneutre.

Ils ont également indiqué qu’ils prendront leurs décisions après avoir pris connaissance du plan stratégique de la municipalité concernant les changements climatiques. Il devrait atterrir sur la table du conseil municipal prochainement.

«Ça va permettre de rassurer les gens, qui verront que nous travaillons pour contrer les effets des changements climatiques. Ça nous interpelle à poser des actions concrètes en s’engageant avec cette déclaration. Il en va de la sécurité de nos citoyens», a commenté M. Losier.

Pour l’instant, seule la ville d’Edmundston a ratifié le document au Nouveau-Brunswick. Elle l’a fait en février. Moncton a également déclaré l’état d’urgence climatique chez elle au début avril, mais n’a toujours pas apposé sa signature à la déclaration.

Sackville et Saint-Jean ont également adopté des propositions sur le climat.

La Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique comprend des principes qu’un signataire – en l’occurrence un citoyen, un organisme, une municipalité, une province ou encore un pays – doit prendre en compte lors de certaines prises de décision.

Par exemple, pour une municipalité, les principes du document influencent la planification à long terme, la gestion des actifs, les stratégies d’investissement et les plans stratégiques.

Moncton a notamment décidé d’éliminer ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 et promet un plan d’action pour y arriver au printemps 2020.

La déclaration mentionne que «nous sommes en crise climatique, et cette crise est un état d’urgence climatique», en plus de stipuler que cette dite crise constitue un enjeu qui menace l’économie, la santé humaine, l’alimentation, l’environnement ainsi que la sécurité nationale et internationale.

Elle ajoute qu’il faut sans délai appliquer toutes les solutions connues afin de réduire de toute urgence les émissions de GES.

«Tous les plans de transformation sociale, économique et énergétique reconnus par la communauté scientifique doivent être mis en marche immédiatement en utilisant toutes les ressources techniques, sociales et militaires afin de se sortir de la dépendance des énergies fossiles et déclencher la transition urgente vers une société neutre en carbone», est-il également écrit.

Le texte a été rédigé par plusieurs environnementalistes et est soutenu par plusieurs organisations internationales, dont l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Outre Edmundston, on retrouve quatre signataires citoyens du Nouveau-Brunswick, soit Eric Kennedy, de Saint-Jean, Marie Leclerc, de Shippagan, Joannie Thomas, de Grande-Anse, et Marie-Josée Garand, de Bathurst.

«Je l’ai signée parce qu’il me semble extrêmement important d’agir immédiatement face à cette crise», a expliqué Marie Leclerc.

Au Québec, plus de 224 municipalités, représentant une population d’au-delà de 5,6 millions de citoyens, ont ratifié la déclaration, tout comme 63 organismes et plus de 1300 citoyens.

Mobilisation citoyenne

Lancé il y a quelques jours à peine, le Pacte du Nouveau-Brunswick commence déjà à faire des petits à travers la province. Le document «De la parole aux actes» invite les citoyens à signer un engagement de mobilisation afin de sauver le monde dans lequel nous vivons.

Symbiose, un groupe d’étudiants de l’Université de Moncton, a adapté le Pacte du Québec pour le Nouveau-Brunswick et demande aux Néo-Brunswickois de s’engager dans des actions individuelles ainsi que dans des actions politiques.

Ce pacte est un engagement solennel où chaque signataire est invité à faire sa juste part, selon ses moyens, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’aide de gestes concrets qui touchent le pétrole, la consommation, l’alimentation, l’empreinte écologique et l’engagement citoyen.

Le document de quatre pages contient également une demande d’action en neuf points de la part du gouvernement provincial à travers des lois, des plans de réduction d’émission de GES, du respect de l’Accord de Paris sur le climat, l’amélioration de l’efficacité énergétique, une vaste campagne d’éducation, la tenue d’un sommet sur les changements climatiques, etc.

Marie Leclerc, coordonnatrice d’Imaginons la Péninsule acadienne autrement, un groupe qui milite en faveur de la transition vers une consommation d’énergie renouvelable de 100% dans la région d’ici 2035, a reçu sa copie il y a quelques heures à peine et entend bien la signer.

«J’ai deux enfants et on doit leur laisser un avenir plus reluisant que maintenant. Je suis inquiète pour eux et pour les jeunes. Il est essentiel de se mobiliser maintenant et prendre conscience de cette cause pour eux», a-t-elle déclaré.