Ouragans: les Maritimes sont épargnées, mais doivent demeurer aux aguets

Cela fait des années qu’une tempête tropicale majeure n’est pas venue causer d’importants dommages dans les provinces de l’ Atlantique, mais le Centre canadien de prévision des ouragans suggère de ne pas s’endormir.

L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique a publié jeudi ses prévisions pour 2019 concernant les ouragans: on s’attend à connaître de neuf à 15 tempêtes tropicales assez fortes pour qu’on leur attribue un prénom, dont quatre à huit qui se transformeraient en ouragans _ et deux à quatre en ouragans majeurs.

Bob Robichaud, du centre canadien, signale que 2019 devrait ressembler à la saison des ouragans de l’année dernière, lorsque seulement deux tempêtes ont frappé le Canada, y compris la tempête post-tropicale Chris, qui a touché terre sur l’île de Terre-Neuve en juillet.

M. Robichaud rappelle toutefois qu’il ne faut pas oublier des tempêtes comme la « post-tropicale » Arthur, qui avait brisé des arbres et causé d’importantes pannes de courant en 2014, ainsi que l’ouragan Juan, qui avait fait des ravages en 2003. Et il a rappelé aux journalistes participant à une réunion d’information à Halifax, jeudi, l’ouragan Michael, qui a détruit des parties de la péninsule de Floride en octobre dernier.

Le Centre canadien de prévision des ouragans, installé à Halifax, a collaboré avec Environnement Canada pour la conception d’une nouvelle application pour téléphone intelligent, « MétéoCAN », qui comprend notamment les alertes météorologiques. M. Robichaud recommande aux résidants des provinces de l’Atlantique de commencer

à suivre les tempêtes dès le début, puis de surveiller leurs changements d’orientation et d’intensité.

« Ce que nous préconisons, c’est que les gens restent vraiment au courant des informations météorologiques, car les prévisions peuvent changer à l’approche des tempêtes », a déclaré M. Robichaud.

Le météorologue rappelle que selon des études, le niveau d’insouciance augmente environ sept ans après une tempête comme l’ouragan Juan. « Les gens ont tendance à ne prendre aucune mesure pour se préparer s’ils n’ont pas vécu d’ouragan au cours des dernières années », soutient M. Robichaud, spécialiste de la préparation aux alertes. « Et cela fait maintenant cinq ans depuis une tempête majeure (?) Il est donc encore plus important de prendre les précautions nécessaires pour se préparer. »

Le Centre sur l’adaptation au climat de l’Université de Waterloo a publié un guide simple sur les mesures de base à prendre, en particulier pour se prémunir contre les risques d’inondation dus aux conditions météorologiques extrêmes.

La saison des ouragans s’étend du 1er juin au début novembre. M. Robichaud explique que les ouragans ont tendance à « se nourrir » d’eaux plus chaudes. Or, le météorologue a déclaré qu’à mesure que l’été avance, il est prévu que l’eau dans l’Atlantique Est deviendra plus chaude que la moyenne. De plus, l’océan Atlantique continue de connaître une période de forte activité cyclonique, qui n’est pas encore arrivée au bout de son cycle, a-t-il dit.