Tourisme: les centres d’information provinciaux sous la loupe cet été

Le gouvernement provincial évaluera bientôt le rendement de ses trois derniers centres d’information aux visiteurs, quelques mois après avoir fermé ceux de Woodstock et d’Aulac.

Les centres d’information provinciaux – où les touristes peuvent obtenir des dépliants, des cartes routières et des conseils – sont en voie de disparition au Nouveau-Brunswick.

Il y a trois ans, le gouvernement libéral de Brian Gallant a annoncé la fermeture des installations du Cap-Jourimain, situé près du pont de la Confédération, et de l’île Campobello, près de Saint-Andrews. Le faible achalandage a été mis en cause.

Puis, plus tôt cette année, les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs ont poursuivi dans la même veine en fermant les installations de Woodstock et d’Aulac.

Cet été, il n’en restera donc plus que trois; à Campbellton, à Edmundston (Saint-Jacques) et à St. Stephen.

Le centre d’information touristique de Saint-Jacques. – Acadie Nouvelle: Sébastien Lachance

Pour l’instant, aucune décision n’a encore été prise sur leur avenir, mais le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture va tout les étudier de près au cours des prochains mois.

C’est ce qu’affirme le ministre, Robert Gauvin, en entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

«La question qu’on doit se poser, c’est “est-ce que les gens savent déjà où ils vont aller lorsqu’ils viennent au Nouveau-Brunswick?” Et puis c’est sûr qu’on va vérifier l’achalandage cet été pour voir si la tendance est à la baisse ou à la hausse.»

Il dit être tout à fait conscient que de plus en plus de gens possèdent un téléphone intelligent et qu’ils peuvent consulter toutes sortes de renseignements de leur salon ou de leur voiture.

Il note aussi que des dizaines de centres d’information locaux font à peu près le même travail que les centres gérés par le gouvernement provincial

Il veut tout de même  prendre le temps d’analyser les données qui seront récoltées cet été.

«C’est tout ça qu’il faut évaluer. Je pense qu’il ne faut pas agir trop vite. (…) Il n’y a pas de bouton de panique qui est poussé là-dessus», assure-t-il.

Lorsqu’on lui demande si l’une des options possibles est la fermeture d’un ou même de tous les centres d’information restants, il affirme qu’il ne peut «pas répondre pour l’instant, parce qu’il n’y a pas de décision qui a été prise.»

Un dossier suivi de près par l’industrie

La PDG de l’Association de l’industrie touristique du Nouveau-Brunswick (AITNB), Carol Alderdice, accueille cette nouvelle avec prudence.

En entrevue téléphonique, elle explique qu’elle est ouverte à l’idée d’analyser les centres de Campbellton, de Saint-Jacques et de St. Stephen. Elle compte suivre ce dossier de près.

Près du Centre d’information touristique de Campbellton. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

«Je serais vraiment désappointée s’il fermait d’autres centres d’information. Mais en même temps, s’il n’y a personne qui arrête là et que ça ne fonctionne pas comme c’est sensé, je comprendrai la décision.»

Cela dit, à priori, elle pense qu’il y a toujours un besoin pour les trois centres restants, d’autant plus que la province ne publiera pas le guide-vacances officiel en 2020.

«Si je me souviens bien, ces trois centres-là étaient toujours très occupés. Surtout celui de Saint-Jacques et celui de St. Stephen. Ce sera intéressant de voir ce que leur étude va donner», dit Carol Alderdice, qui a été fonctionnaire au ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture pendant plusieurs années avant de faire le saut à l’AITNB.

Des données obtenues par l’Acadie Nouvelle indiquent en effet que les trois centres restants sont visités, chaque année, par plusieurs dizaines de milliers de touristes et que leur achalandage est plutôt stable.

Le son de cloche est semblable du côté de Geraline Babineau, la gérante du centre d’information aux visiteurs de Cap-Pelé (géré localement et qui n’est pas de la responsabilité du gouvernement provincial) et coprésidente de la Côte culturelle du Nouveau-Brunswick, un partenariat sans but lucratif de promotion touristique.

En entrevue avec l’Acadie Nouvelle, elle rappelle que les deux centres de sa région, situés à Cap-Jourimain et à Aulac, ont fermé leurs portes respectivement en 2016 et en 2019.

«De plus en plus, on est reconnue comme la province où le monde passe à travers et continue vers les autres provinces. S’ils continuent à fermer les centres d’information comme ça, qu’est-ce qui va arriver aux personnes qui ont besoin des touristes pour leurs entreprises?»

À l’instar de sa consoeur Carol Alderdice, elle note qu’en plus de ces compressions, le gouvernement va cesser de publier le guide-vacances officiel à compter de 2020. Elle estime que tout cela aura des conséquences négatives sur l’industrie.

– Avec la collaboration du journaliste Alexandre Boudreau  

Le centre de Saint-Jacques est le plus populaire

Au cours des quatre dernières années, le centre d’information aux visiteurs de Saint-Jacques, dans le Nord-Ouest, a été le plus achalandé. Et de loin.

Le centre d’information touristique de Saint-Jacques. – Acadie Nouvelle: Sébastien Lachance

C’est ce que l’on constate en jetant un coup d’oeil aux données obtenues par l’Acadie Nouvelle auprès du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture.

On constate aussi que le centre de Woodstock, fermé par le gouvernement Higgs, n’avait pas la cote auprès des visiteurs. Quant à celui d’Aulac, il semblait bien se débrouiller, mais ces données doivent être prises avec un grain de sel.

C’est que ce bureau – situé près de la frontière avec la Nouvelle-Écosse et fermé par le gouvernement Higgs – est placé près des voies utilisées par les automobilistes pour sortir du Nouveau-Brunswick.

Selon la porte-parole du ministère, Johanne LeBlanc, bon nombre de touristes s’y rendaient pour avoir des renseignements sur la Nouvelle-Écosse.

Le centre d’information touristique de Campbellton. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

Johanne LeBlanc nous fait aussi remarquer que le nombre de visiteurs a atteint un sommet en 2017. Selon elle, cela s’explique en partie par la foule d’activités et de projets liés au 150e anniversaire de la Confédération.