Un an pour déterminer les frontières de l’Acadie

Où est l’Acadie? Un groupe d’Acadiens se le demande

Ghislaine Foulem et Jean-Luc Bélanger se lancent un défi de taille.

Au cours de la prochaine année, ces deux acteurs communautaires et une poignée d’intellectuels se donnent la mission de définir le territoire acadien.

Ils veulent ainsi valoriser les régions de l’Acadie, telles que la Péninsule acadienne, le Restigouche et Évangéline, à l’Île-du-Prince-Édouard.

La carte administrative de l’Acadie. – Gracieuseté

Les deux coprésidents de cette Commission sur le territoire se sont réunis pour la première fois jeudi avant-midi.

La Commission sur le territoire est issue de l’Assemblée nationale de l’Acadie, un organisme naissant qui étudie la gouvernance acadienne.

Pour Ghislaine Foulem, présidente du District scolaire francophone Nord-Est, une étude du territoire acadien permettra d’avoir une meilleure vue d’ensemble sur des problématiques tels que l’exode des jeunes et le déclin de l’usage du français.

«À l’heure actuelle en Acadie, on a un exode de notre population et un recul de la langue française. Ce sont des choses auxquelles on doit réfléchir», dit-elle en entrevue téléphonique.

Ghislaine Foulem et Jean-Luc Bélanger, un militant acadien de longue date, seront, entre autres, accompagnés de Jean-Marie Nadeau, des historiens Georges Arsenault et Marc Lavoie et du géographe Majella Simard.

«C’est une occasion de réfléchir avec des gens professionnels qui sont intéressés à cette question de la pérennité de l’Acadie et de la langue française dans les Maritimes et en Atlantique.»

«Ce qu’on veut faire, c’est partager nos préoccupations et nos solutions face au grand défi et à la grande complexité de cet enjeu», ajoute Mme Foulem.

Jean-Luc Bélanger, père des Jeux de l’Acadie, explique que les objectifs précis de cette commission ne sont pas encore élaborés.

«Naturellement, on a du travail à faire et il y a des choses à préciser quant à l’approche, on est encore au niveau préliminaire», dit-il en précisant que le groupe se réunira toutes les six semaines.

Il explique que la commission cherche à mieux comprendre les us et coutumes du peuple acadien.

«On sait déjà qu’il y a beaucoup d’endroits où les Acadiens vivent, mais il s’agit de préciser où ils vivent, où ils travaillent et où ils parlent français.»

Ils espèrent pouvoir présenter une ébauche de leur travail au mois d’août, lors du Congrès mondial Acadien, qui aura lieu dans le Sud-Est et à l’Î.-P.-É.