Les centres de dépôt recyclent désormais les sacs de plastique

Depuis lundi, les quelque 70 centres de dépôt et de remboursements de bouteilles et autres contenants de liquides divers récupèrent aussi les sacs de plastique. L’entreprise Encorp Atlantique, qui chapeaute la gestion de ces récipients pour la province, estime qu’environ 5 millions de sacs pourront ainsi avoir une deuxième vie et ne passeront pas par le chemin des sites d’enfouissement.

Dorénavant, lorsque vous vous présenterez au centre de dépôt avec vos gros sacs remplis de bouteilles, les travailleurs qui vous serviront vous redonneront comme d’habitude quelques dollars ou quelques sous pour vos bouteilles.

Ils prendront aussi vos sacs sans rechigner, même ceux que vous avez de trop et qui ne servent pas aux ordures ménagères. Aucun montant ne sera versé pour lesdits sacs, mais ceux-ci seront envoyés à différents manufacturiers pour être recyclés, après quoi la matière ainsi générée pourra être ensuite réutilisée, comme l’explique le directeur général d’Encorp Atlantique, Pierre Landry.

«L’engouement pour les sacs de plastique est encore présent. Presque tout le monde apporte ses bouteilles dans des gros sacs à ordures et nos centres étaient pris avec. Ça nous occasionnait des coûts assez importants en frais de ramassage de poubelles», souligne M. Landry au cours d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Non seulement ce problème sera chose du passé, mais en plus, ces sacs seront envoyés à des entreprises dont la plupart se trouvent non loin du Nouveau-Brunswick.

«Ça va nous permettre collectivement de réduire notre empreinte environnementale, tout en générant une économie circulaire, en ce sens que les manufacturiers paieront moins cher pour de la matière plastique et ça aidera à au moins maintenir la stabilité des prix de leurs contenus», précise Pierre Landry.

M. Landry soutient qu’Encorp Atlantique a travaillé d’arrache-pied pour trouver des clients potentiels, tous en Amérique du Nord. Selon lui, il y a bien un marché pour le recyclage de plastique dans notre région continentale, même si de plus en plus d’entreprises tendent à éliminer l’utilisation de ce type de matière, comme vient d’annoncer Alcool NB qui entend supprimer les sacs de plastique de ces murs au cours des prochains mois.

«C’est une bonne nouvelle, mentionne Pierre Landry. Bon nombre de citoyens se disent en faveur de la protection de l’environnement, mais ils ne réalisent pas qu’ils ont le pouvoir de forcer la note auprès des manufacturiers pour utiliser d’autres emballages ou contenants moins dommageables pour l’environnement.»

Qu’à cela ne tienne, cette nouvelle mesure de récupération des sacs de plastique qui s’inscrit dans le cadre du Programme de gestion des récipients à boisson vides du Nouveau-Brunswick – en opération depuis 27 ans – représente un pas dans la bonne direction, croit Pierre Landry.

«Ce sont de petits gestes comme ceux-là ainsi qu’une plus grande conscientisation sur la protection de l’environnement qui font en sorte que nous réduisons progressivement les effets néfastes que nous avons sur notre écologie. En ce qui nous concerne, nous sommes très contents», déclare M. Landry, ajoutant que l’annonce survient en plein début de la Semaine nationale de l’environnement – c’était un tout petit peu arrangé avec le gars des vues, avoue M. Landry dans un éclat de rire.

«En fait, nous avons mis les bouchées doubles ces dernières semaines pour arriver à temps pour la Semaine nationale de l’environnement. L’important, c’est que la nouvelle mesure soit en place et c’est bien le cas à compter d’aujourd’hui (lundi).»

Le directeur général d’Encorp Atlantique confie cependant qu’il reste encore du travail à faire pour maximiser le maximum de matières recyclables et consignables, comme les contenant de lait.

«À l’heure actuelle, ces contenants sont recyclables, mais non consignés. Éventuellement, nous aimerions élargir la cueillette pour les accepter, mais nous avons encore du travail à faire d’ici là.»

En outre, Pierre Landry dit s’interroger sur le fait qu’aucun centre de recyclage de la province ne recycle les sacs de plastique – ce qui fait de l’initiative de son organisme une première en ce sens.

«C’est vrai que l’argument qui est le plus souvent avancé, c’est que ce n’est pas payant. Mais nous avons une réflexion à faire à cet égard: voulons-nous protéger notre environnement en innovant dans les marchés possibles pour ces matières, ou préférons-nous ne rien faire», soulève-t-il.