Un moratoire sur la production de cannabis à Cap-Pelé

Le conseil municipal de Cap-Pelé propose d’adopter des règles plus sévères sur la production de cannabis à grande échelle sur son territoire. Le village a adopté un moratoire de six mois sur la question à la suite de la présentation – et l’abandon – d’un projet majeur de production en plein air.

Le passage de Solargram Farms a été de courte durée, à Cap-Pelé. Seulement six jours après que le président de l’entreprise, Marc LeBlanc, ait présenté les grandes lignes de leur projet lors d’une réunion municipale en début mai, il a annoncé à la municipalité que son groupe allait poursuivre ses travaux ailleurs.

Le débat sur les projets de production de cannabis, lui, ne va vraisemblablement pas se conclure aussi rapidement.

Quelques jours après la présentation, un débat a éclaté dans les médias sociaux. Une pétition a circulé dans la région demandant un moratoire. Environ 500 personnes l’ont signé.

Face à de telles pressions, M. LeBlanc a retiré son projet. Le 15 mai, le conseil municipal a adopté un moratoire de six mois afin d’obtenir plus de renseignements sur la culture de cannabis et sur son rôle à jouer dans la question.

Lundi, une centaine de personnes se sont entassées dans l’édifice municipal, curieux d’apprendre les prochaines démarches du conseil municipal. Certains ont même dû écouter l’audience à l’extérieur de la salle de réunion.

Le conseiller municipal et président du comité d’urbanisme Hector Doiron a exprimé sa déception entourant le fait que le sort d’un projet de l’ampleur de Solargram Farms – qui proposait de planter 100 000 plants de cannabis dès sa deuxième année de production – se soit joué dans les médias sociaux..

Il a même fortement considéré démissionner, tellement sa déception était grande.

«Je n’étais ni pour ni contre le projet. Mais je voulais qu’on suive les règles du jeu. Je voulais qu’on donne la chance au coureur de présenter son projet.»

«Malheureusement, la présentation initiale a eu lieu et le conseil municipal a demandé plus d’information avant de se prononcer. Six jours plus tard, le projet a été retiré. Est-ce que c’est Facebook? Est-ce que les gens étaient vraiment concernés et qu’ils se sont réunis? Je pense qu’il y a des questions à se poser.»

Le conseil municipal a considéré quatre options pour la réglementation des projets de production de cannabis. Il a finalement adopté une résolution pour forcer tout projet – tant les microproduction de moins de 200 mètres carrés que les projets de grande ampleur – à suivre un processus de modification de zonage. Une telle démarche prend environ quatre mois et permet aux élus d’imposer des conditions spécifiques au projet.

Une audience publique sur cette résolution aura lieu le 8 juillet. Le conseil municipal devra ensuite effectuer trois lectures pour qu’elle entre en vigueur. Le processus pourrait prendre jusqu’à six mois. Le maire Serge Léger a mentionné à plus d’une reprise qu’à tout moment, le conseil municipal peut reprendre le processus à la case de départ s’il a l’impression d’avoir besoin de plus de temps.

Le conseil municipal cherchera aussi un avis légal afin de s’assurer que les règles de la municipalité ont été suivies depuis la présentation du président de M. LeBlanc, le 6 mai.

En mars dernier, le président de Solargram a décrit à l’Acadie Nouvelle son projet de culture de cannabis en plein air à Cap-Pelé. Le fondateur de la distillerie Port-Royal avait affirmé avoir l’intention d’effectuer une première récolte sur 65 acres de terre dans le village du Sud-Est, exploitation qui lui aurait permis de cultiver 25 000 kg de cannabis. On anticipait des ventes de 70 millions $.

Il a aussi mentionné que son groupe a acheté des parcelles de terre à Salisbury et à Sussex en vue d’une éventuelle expansion.