Une baleine noire retrouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent

Une baleine noire de l’Atlantique Nord a été retrouvée morte, à la dérive, mardi, dans le golfe du Saint-Laurent. L’animal a été identifié comme un mâle âgé de 9 ans nommé Wolverine.

Il s’agit du premier décès observé de baleine noire, une espèce en péril, depuis le début de l’année. C’est aussi le premier décès observé dans le golfe depuis 2017.

Des efforts seront tentés afin de récupérer la carcasse, ce qui permettra d’effectuer des tests pour déterminer comment la baleine est morte.

«Nous travaillons avec la Marine Animal Response Society (MARS), Urgences mammifères marins (RQUMM) et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour retrouver la baleine et tenter de la récupérer. Si nous la localisons, nous tenterons de lui installer une balise de satellite pour continuer à la suivre. Nous analysons diverses options pour la récupérer et pour la nécropsie», a indiqué le ministère des Pêches et des Océans.

En 2018, aucune baleine noire n’a été trouvée morte dans le golfe. En 2017, 12 sont mortes dans les eaux canadiennes, et 6 autres cadavres ont été trouvés dans l’océan Atlantique. Dans plusieurs cas, on a réussi à conclure que les baleines mortes avaient été heurtées par des navires ou s’étaient empêtrées dans de l’équipement de pêche.

Il ne reste plus que 411 baleines noires de l’Atlantique Nord, selon les estimations les plus récentes du North Atlantic Right Whale Consortium.

Le MPO a des règles pour aider à protéger les baleines, y compris des restrictions de vitesse obligatoires pour les navires de 20 mètres ou plus et des interdictions de pêche dans les eaux fréquentées par les baleines.

En fin d’après-midi, mercredi, le MPO a émis un avis aux médias expliquant qu’aucune entrevue ne sera accordée avant que plus de renseignements soient disponibles.

Des impacts sur la pêche au crabe des neiges?

Robert Haché, de l’Association des crabiers acadiens, ne croit pas que le décès de la baleine noire aura un impact sur le reste de la saison de pêche au crabe. Mercredi, il a appris qu’aucun cordage n’a été observé sur la carcasse, ce qui suggère qu’il s’agit d’un décès à la suite d’une collision avec un navire de cargaison ou d’une mort naturelle.

Cela dit, il maintient que les pêcheurs devront attendre les résultats d’une nécropsie avant de pouvoir complètement écarter toutes les hypothèses.

Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), a reçu des informations semblables d’employés du MPO.

«Ils ont pris des photos, et il ne semble pas y avoir de marque ou de trace comme quoi elle a été prise dans des cordages. C’est un peu rassurant pour nous… quoique ça n’empêche pas qu’une baleine est décédée.»

Il mentionne également que les pêcheurs devront attendre les résultats d’une nécropsie avant de se prononcer sur les impacts potentiels sur la pêche. Il explique qu’un bateau nolisé par les pêcheurs pour effectuer des tests sur des engins sans fils a été dépêché sur les lieux – loin des côtes – où la carcasse a été observée. Le navire doit ramener le mammifère marin sur la côte pour que la nécropsie ait lieu.

Seulement 65% du quota du crabe des neiges a été capturé en date du 4 juin, selon des données préliminaires disponibles sur le site internet du MPO.

À plus long terme, le résultat d’une nécropsie pourrait jouer un rôle clé dans l’évaluation du Marine Stewardship Council de la certification de pêche durable de l’industrie du crabe des neiges dans le golfe. On a appris, au cours des derniers mois, à quel point la barre est élevée pour renouveler cette certification.

Il y a un an, le MSC a suspendu cette certification en raison du décès de 12 baleines noires dans le golfe en 2017. Cette année, il a refusé de renouveler la certification puisqu’il y avait eu des empêtrements non fatals avec des engins de pêche dans le golfe en 2018.