La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, moderne depuis 1940!

Les préparatifs avancent bon train à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, où d’importants travaux de réfection sont en cours.

À l’occasion d’une visite avec l’Acadie Nouvelle, André Bourgeois, directeur général de la société MR21, décrit avec enthousiasme les nouvelles technologies numériques au sein de la cathédrale. Ce joyau du patrimoine religieux sera ouvert au public lors du Congrès mondial acadien en août.

André Bourgeois a été engagé par Amérika, maison de production néo-brunswickoise. Tous travaillent à transformer la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption en une destination touristique majeure.

Pour arriver à conduire cette opération, technologies de pointe sont au rendez-vous afin de séduire les amateurs d’expériences multimédias. Près de l’autel, deux bornes interactives ont été installées. Les visiteurs peuvent y trouver des informations sur les vitraux. Ceux-ci accordent d’ailleurs une grande place aux femmes dans l’Église.

Dans la chapelle, un spectacle immersif est projeté à 360 degrés sur tous les côtés. Pendant 25 minutes, le spectateur se voit raconter la vie de Mgr Arthur Melanson, cet Acadien devenu le premier archevêque de Moncton.

La narration numérique et colorée expose son rôle crucial en tant que bâtisseur de la communauté acadienne dans la région.

C’est dans cette même pièce que de la réalité virtuelle est prévue en 2021. Une méthode au goût du jour pour séduire les visiteurs, selon André Bourgeois.

La réalité virtuelle permettra aux gens de découvrir des endroits inaccessibles au public, par exemple le clocher.

Le bâtiment historique s’est donné une autre vocation depuis plus d’un an, avec la Place de la cathédrale. Le diocèse loue maintenant des locaux et des espaces collaboratifs aux organismes communautaires acadiens. Les locataires assurent un revenu supplémentaire.

Alors que le bâtiment était en danger, plusieurs groupes se sont mobilisés, dont Amerika Production, qui travaille sur le projet Monument de la Reconnaissance (MR21).

Leur but est de faire renaître la cathédrale en lui donnant un statut d’attraction touristique majeure à Moncton.

Le lieu sera ouvert été comme hiver. Le coût des billets est prévu entre 5 et 10 $, selon le groupe d’âge. La cathédrale ne fera pas fonctionner ses installations le lundi. Le dimanche, la messe aura toujours lieu. Les visiteurs pourront se présenter à la suite de celle-ci.

D’autres installations technologiques seront bientôt aménagées. La prochaine étape est la mise en place de maquettes interactives dans la sacristie qui raconteront l’histoire de la construction du monument.

L’ajout d’un atrium près de la Place de la cathédrale est aussi prévu. L’équipe responsable imagine une structure moderne en verre qui se démarquera sur la rue Saint-Georges. Un espace d’échange, tel un café, est dans les plans pour les visiteurs et les gens qui travaillent dans les espaces collaboratifs.

«Ça fait écho à l’époque, car à l’origine c’était un bâtiment moderne et nous on lui donne une nouvelle modernité», explique André Bourgeois en parlant du virage technologique de la cathédrale.

À l’avant-garde des cathédrales

La cathédrale ouvre ses portes en 1940. Elle est édifiée en aussi peu que deux ans. Les ouvriers acadiens de la région se retroussent les manches pour aider à la construction. Ils vont sur le chantier chaque jour après leur quart de travail.

Le bâtiment religieux est d’ailleurs financé par la communauté acadienne.

Déjà à l’époque, le bâtiment s’inscrivait dans la modernité, notamment avec un usage abondant d’art déco à l’intérieur. Sur les chapiteaux, des palourdes et des homards taillés détonnent du style confessionnel classique.

Dans les dernières décennies, la société s’est sécularisée et les gens se sont éloignés de la cathédrale. André Bourgeois décrit le bâtiment comme ayant une très grande valeur culturelle et patrimoniale. «On veut que les gens puissent l’apprécier. Ici, c’est le bâtiment acadien le plus important», dit-il.

L’esprit rassembleur de Mgr Melanson a rendu possible la construction de la cathédrale telle qu’on la connaît aujourd’hui.

«C’est une forme de mobilisation qui est impensable aujourd’hui», lance André Bourgeois.

Le directeur général de MR21 se ravise sur le coup et explique que le même type de mobilisation a eu lieu lorsque la cathédrale était en danger, en 2012. La fondation de la cathédrale a trouvé les sous pour la réfection du bâtiment. «C’était des dons des Acadiens», ajoute-t-il.

La fondation a reçu des dons privés, mais a eu son lot de difficultés pour obtenir du financement d’autres sources, l’église étant toujours confessionnelle.