La vaccination sera obligatoire dès septembre 2021

La vaccination pourrait être obligatoire dans les écoles et les garderies agréées du Nouveau-Brunswick d’ici deux ans.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance veut mettre fin à la possibilité de soustraire ses enfants à l’immunisation pour des raisons morales ou religieuses à partir de la rentrée scolaire 2021.

Dominic Cardy a déposé un projet de loi à l’Assemblée législative, vendredi, pour obliger les directeurs généraux des districts scolaires à refuser l’admission des élèves dont les parents n’auront pas fourni de preuve de vaccination suffisante.

«C’est en grande partie à cause des vaccins que nous vivons plus longtemps et plus en santé qu’autrefois. C’est l’une des plus belles contributions de notre société à l’humanité», avance M. Cardy.

«Il faut protéger nos enfants et respecter la science.»

Les exemptions à la vaccination pour des raisons médicales continueront cependant d’être acceptées.

«Il y a un très petit nombre d’enfants qui sont immunodéprimés parce qu’ils suivent un traitement contre le cancer et ainsi de suite et qui ne peuvent pas se faire vacciner. Il faut absolument protéger cela», précise le ministre.

Les changements législatifs proposés concernent seulement les élèves. Dominic Cardy entend toutefois discuter avec les syndicats de la possibilité d’étendre la vaccination obligatoire au personnel des écoles et des garderies.

M. Cardy a déposé son projet de loi alors que douze cas de rougeole ont été détectés dans la région de Saint-Jean au cours des dernières semaines, dont la majorité dans des écoles. La rougeole est une maladie très contagieuse qui peut être prévenue grâce à un vaccin.

Selon la politique en vigueur, les parents peuvent soustraire leurs enfants à la vaccination obligatoire en signant une déclaration d’objection à l’immunisation.

«À l’heure actuelle, il existe une exemption très large qui permet à quiconque de simplement dire qu’il ne veut pas que ses enfants soient vaccinés», déplore Dominic Cardy.

Le ministre n’écarte pas la possibilité que des parents contestent son initiative devant les tribunaux pour défendre leur liberté de conscience ou de religion.

«Je pense que c’est une conversation que nous devons avoir. Nous devons discuter de si nous allons laisser les gens diffuser des informations fausses et dangereuses informations sur les vaccins ou si nous allons défendre la science et les faits.»

En cas de contestation judiciaire, il n’est pas certain que les tribunaux trancheraient  pour le gouvernement, selon la professeure de droit Lorian Hardcastle de l’Université de Calgary. Fredericton pourrait notamment devoir convaincre la cour que l’intérêt public justifie cette atteinte aux droits individuels.

«Le gouvernement pourrait avoir des preuves scientifiques pour démontrer qu’il existe des raisons urgentes d’empiéter sur la liberté de religions des individus», explique Mme Hardcastle.

«Ces groupes pourraient cependant argumenter à leur tour que le gouvernement aurait pu minimiser cette atteinte à leur droit. Par exemple, en Ontario, si vous avez recours à une exemption pour des motifs religieux, ils vous excluront seulement des écoles s’il y a un risque d’éclosion.»

Les partis d’opposition préfèrent faire preuve de prudence au lieu d’appuyer d’emblée l’initiative du ministre de l’Éducation,

«La sécurité et la santé de nos élèves sont primordiales dans cette discussion. Aussi longtemps que ça respecte les droits de la Charte de tout le monde, j’imagine que ça ira de l’avant», a commenté le député libéral Chuck Chiasson.

«Nous n’avons pas seulement besoin d’un projet de loi. Les parents doivent avoir accès à la vaccination pour leurs enfants en temps opportun. Parfois, ça manque de communication. Je pense qu’on pourrait mettre plus d’effort à communiquer avec les familles pour assurer qu’elles aient accès à ces vaccins», a déclaré la députée Megan Mitton du Parti vert.

Le ministre Dominic Cardy espère faire adopter son projet de loi avant la pause estivale à l’Assemblée législative.

Fredericton veut toutefois se donner un peu plus de deux ans avant l’entrée en vigueur de ces changements législatifs

Ce délai permettra notamment la mise en oeuvre du nouveau système électronique de gestion des vaccins annoncé par le gouvernement en janvier.

Cela devrait aussi donner le temps aux parents d’assurer que leurs enfants ont reçu tous les vaccins nécessaires.