Rogersville: l’épandage d’herbicides dans les limites du village fait des mécontents

Des citoyens de Rogersville protestent contre l’épandage d’herbicides sur la voie ferrée qui traverse le village.

Le Canadien National, qui gère le chemin de fer, arrose les rails d’herbicide pour éliminer la végétation qui peut nuire à leur fonctionnement.

«Les gens ont commencé à voir le CN pulvériser de l’herbicide à l’intérieur des limites de la municipalité et ils ont téléphoné à la municipalité pour voir ce qui est utilisé», explique la mairesse Pierrette Robichaud.

La municipalité a depuis contacté la compagnie, la sommant de ne plus vaporiser d’herbicide dans les limites du village. En vain. Elle a refusé d’obtempérer.

La réponse de l’entreprise, adressée au Village de Rogersville, reprend des informations disponible sur son site web, soit que les racines des plantes peuvent endommager les rails. Les herbicides sont la manière la plus efficace d’éliminer la végétation qui pousse autour des rails, peut-on lire dans le courriel.

«Ils nous disent qu’ils suivent tous les règlements, et que les pesticides qu’ils utilisent sont enregistrés à Santé Canada. Nous, comme municipalité, on leur a répondu qu’on trouvait ça malheureux et qu’on allait transmettre leur réponse à nos citoyens», dit la mairesse.

Pierrette Robichaud rappelle que le village ne peut empêcher les citoyens de manifester leur mécontentement sur les lieux d’arrosage.

Sur les médias sociaux, certains citoyens ont en effet annoncé leur intention de se tenir près de la voie ferrée afin de protester contre l’épandage de l’herbicide. Pour sa part, le CN interdit aux gens de se tenir près du chemin de fer, qui est une propriété privée.

Le programme annuel de gestion de la végétation du CN se déroule du 8 juin au 23 juillet au Nouveau-Brunswick. La date précise du prochain arrosage à Rogersville n’est pas connue.

Une «odeur étrange»

Plusieurs citoyens de Rogersville habitent le long du chemin de fer qui passe au beau milieu de la municipalité. Lise Roy est l’une d’entre elles.

Elle explique que comme elle habite près de la voie ferrée, elle a l’habitude d’entendre différents engins circuler sur les rails.

L’été dernier, elle a remarqué une odeur étrange après le passage d’un camion et elle a constaté que des travailleurs arrosaient les rails d’un produit chimique.

«Ce n’est pas normal, ils font ça dans les limites du village», dit la citoyenne.

Des informations disponibles sur le site web de CN expliquent que le sous-traitant chargé de gérer la végétation fait usage d’herbicides, dont le glyphosate, un produit chimique autorisé par Santé Canada, mais dont l’usage reste controversé.

Ce n’est pas inhabituel, mais la mairesse estime que l’éveil de la population face au danger potentiel du glyphosate a contribué aux plaintes reçues par la municipalité cette année.

La municipalité n’a cependant pas le pouvoir de forcer le CN à respecter sa volonté, selon elle.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord, se range du côté des citoyens qui ont porté plainte.

«Je pense que ma position est claire sur le glyphosate. On n’a pas besoin de ça, et les citoyens ont demandé que ça ne soit pas fait. On a des entités corporatives qui n’écoutent pas la volonté des citoyens, c’est un gros problème.»