La direction du Carrefour Beausoleil de Miramichi s’impatiente

La direction du Carrefour communautaire Beausoleil de Miramichi s’avoue déçue et frustrée par les décisions récentes du conseil d’éducation du District scolaire francophone sud. On déplore notamment le fait que les travaux d’agrandissement de l’école Carrefour Beausoleil se trouvent seulement au 5e rang des priorités des projets d’infrastructure.

Les dirigeants du Carrefour Beausoleil réclament son agrandissement depuis plusieurs années. Une étude commandée par le Carrefour Beausoleil et réalisée en 2016 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques a démontré que la moitié des enfants de parents ayants droit de Miramichi s’inscrivent dans les écoles anglophones de la région.

Avec plus d’espace et d’installations, l’école serait en mesure d’accueillir et de recruter plus d’élèves, argumente Marc Allain.

«Pour la seule école francophone à Miramichi, déjà en situation de manque d’espace

critique, il s’agit d’un recul inacceptable. Nous avons la distincte impression que, encore une fois, les décisions prises par le CED démontrent que son attention est centrée sur les régions du sud de son territoire aux dépens des besoins du nord du district. En effet, 7 des 9 priorités ont pignon sur rue dans le sud», affirme Marc Allain, directeur général du Carrefour communautaire Beausoleil.

En dépit de cette situation, la population du Carrefour Beausoleil continue de croître. En septembre 2017, ils étaient 267. En septembre 2018, l’école comptait environ 276 élèves.

«Cela augmente la pression sur les espaces disponibles. Des services et des ressources aux élèves ont été coupés faute d’espace et d’autres coupures suivront obligatoirement dans les années à venir. Ces coupures de services et de ressources en raison du manque flagrant d’espace ne font qu’accentuer l’exode de nos jeunes vers le système anglophone.»

Urgence

Marc Allain reproche au conseil d’éducation de ne pas prendre au sérieux l’urgence des besoins de Miramichi.

«Nous avons plutôt la distincte impression que les choix du CED en matière d’infrastructures sont subjectifs, qu’ils sont davantages assujettis à l’influence des personnes y siégeant avec un biais favorisant les centres urbains du sud de son territoire plutôt que sur une vision globale reflétant les réalités terrains de l’ensemble de son territoire.»

Selon M. Allain, les francophones de Miramichi ne vont pas hésiter à prendre en main la situation.

«La confiance dans cette organisation étant ébranlée, nous ne pouvons plus attendre l’aide promise et il incombe donc à notre communauté de défendre elle-même ses droits. Le manque de respect de ces droits est flagrant, clair et défini et la situation est rendue intolérable. La communauté francophone de Miramichi se doit donc, et va donc, s’organiser elle-même afin de prendre la situation en main, de faire valoir ses droits et de veiller à son épanouissement.»

Les priorités du district

Le conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud a présenté ses priorités à la fin mai.

La construction d’une nouvelle école francophone à Saint-Jean et la reprise des travaux majeurs de rénovation de l’école Louis-J.-Robichaud de Shediac se trouvent à la tête de la liste.

La construction d’une nouvelle école pour les élèves de la 6e à la 8e année dans la région de Fredericton et l’agrandissement de l’école Abbey-Landry de Memramcook figurent au 3e et 4e rang. L’agrandissement du Carrefour Beausoleil est la cinquième priorité.

Avant d’établir les priorités en immobilier, les conseillers tiennent comptent des données obtenues par le biais d’études démographiques. À Saint-Jean, l’école Samuel-de-Champlain compte plus de 700 élèves et leur nombre grimpe toujours.

À Shediac, les travaux de modernisation de LJR ont été interrompus indéfiniment par le gouvernement Higgs l’hiver dernier, rappelle Paul Demers, président du CED du District scolaire francophone Sud.

«Ça nous oblige à remettre le projet sur la liste. Ça n’aide pas la situation. »

Contrairement à ce qu’affirme M. Allain, le conseil d’éducation se soucie de l’épanouissement et du développement de la communauté francophone de Miramichi, répond M. Demers.

Une étude démographique sera bientôt lancée afin d’avoir des données pour appuyer les demandes du Carrefour Beausoleil auprès du gouvernement provincial. L’étude devait être lancée auparavant, mais le processus a été reporté pour des raisons hors du contrôle du CED.

«C’est une situation qui nous tient à coeur. Il faut pouvoir aller chercher ces jeunes ayants droit. (…) Ce n’est pas parce qu’une école ne se trouve pas dans les trois premiers qu’il n’y a pas de travail qui se fait. Souvent, il y a beaucoup de travail qui se fait pour préparer ce qui s’en vient.»