Soins de santé: la colère gronde à Saint-Quentin

L’annonce du départ de deux médecins de l’Hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les citoyens en ont assez et demandent sans détour la démission du PDG du Réseau de santé Vitalité.

Le Réseau de santé Vitalité a confirmé lundi le départ des Dres Hélène Faucher et Mélissa Dupéré, qui ont toutes deux remis officiellement leur démission et qui vont bientôt fermer leur clinique.

«Ces gens-là travaillent plus de 70 heures par semaine, ils ne voient plus leurs familles et n’ont plus de vie. C’est un régime de terreur qui doit cesser», dénonce Joanne Fortin, la présidente du Comité d’Action citoyenne du Restigouche-Ouest (CACRO).

Devant la situation, le regroupement avait convié la population à une rencontre citoyenne lundi après-midi, dans une salle bondée du Palais Centre-Ville de Saint-Quentin.

Le comité blâme directement Gilles Lanteigne, le PDG du Réseau de santé Vitalité, pour ses départs qui pourraient selon lui affecter environ 2400 personnes du Restigouche-Ouest qui se retrouveront sans médecin de famille d’ici trois mois. Il ne restera plus que trois médecins pour desservir une population de 6700 personnes.

«Les médecins vont revenir si on leur offre un appui infirmier et administratif. Le problème c’est Gilles Lanteigne, il doit dégager! C’est à lui de s’en aller, pas à nos médecins», a lancé à la foule présente Jeannot Martin, l’un des porte-paroles du comité de citoyens.

Qualifiant la situation de critique, le comité réclame à nouveau le départ du haut dirigeant de Vitalité.

«S’il ne démissionne pas et que les problèmes ne peuvent pas se régler, je demande au ministre de la Santé de le démettre de ses fonctions», a martelé Jeannot Martin.

Selon lui, les problèmes que vivent les patients et le personnel du centre hospitalier de Saint-Quentin sont loin de se résumer uniquement qu’au simple départ des deux médecins de l’endroit.

«Le Réseau de santé Vitalité refuse d’embaucher du personnel supplémentaire pour subvenir aux besoins et est directement responsable la dégradation des conditions de travail du personnel médical de l’hôpital.»

Jeannot Martin implore d’ailleurs la population de ne pas blâmer les deux médecins démissionnaires pour le geste posé.

«Je peux comprendre leur décision, j’aurais fait la même chose!»

Le Comité d’Action citoyenne du Restigouche-Ouest réclame que la gestion de l’Hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin soit assurée localement.

Il dit aussi toujours craindre la fermeture de nuit de l’urgence de l’hôpital.

«On veut une gestion locale de notre hôpital, on connaît nos besoins. Ce que l’on constate actuellement, c’est que le Réseau Vitalité ne veut pas investir un cent à Saint-Quentin», a affirmé Joanne Fortin, à l’issue de la rencontre publique.

Conrad Gauvreau, un résident présent à la rencontre d’information, a indiqué en avoir assez de cette situation précaire qui prévaut au centre hospitalier.

«Ça va prendre un grand coup d’éclat pour que tout ça cesse!», a-t-il affirmé sans détour à l’Acadie Nouvelle.

La mairesse de l’endroit, Nicole Somers, a elle aussi assisté à la rencontre citoyenne avant de quitter subitement et de prendre la direction de Fredericton.

L’élue du Restigouche-Ouest doit prendre par à une rencontre officielle avec le premier ministre Blaine Higgs lundi soir, dans la capitale provinciale.

Une situation préoccupante, selon Vitalité

Le Réseau de santé Vitalité se dit conscient des défis inhérents à la prestation des soins de santé en région rurale.

«La situation est préoccupante et nos premières pensées vont aux patients et patientes de la région du Restigouche-Ouest», a affirmé la Dre France Desrosiers, la vice-présidente aux Services médicaux, à la Recherche et la Formation de Vitalité.

Le Réseau dit évoluer dans un contexte national de pénurie de main-d’oeuvre et gérer des démissions et des départs à la retraite sur une base régulière dans tous ses établissements et services.

«Nous voulons assurer aux gens du Restigouche-Ouest que nos efforts de recrutement vont s’intensifier au cours des prochaines semaines afin d’être en mesure de répondre le plus adéquatement possible aux besoins de la population. Nous allons continuer à identifier des solutions pour assurer les soins dans cette région rurale incluant le recrutement de nouveaux médecins et la possibilité d’ajouter une infirmière praticienne», a ajouté la Dre Desrosiers, par voie de communiqué.