Chantier naval: Caraquet et Bas-Caraquet devront continuer de payer 80 000$ par an

Le gouvernement Higgs a refusé de lâcher du lest à Caraquet et à Bas-Caraquet, concernant leur engagement financier au chantier naval de Bas-Caraquet. Les deux municipalités devront donc continuer à respecter le paiement de leur part annuelle de 80 000$ pour les sept années restantes de leur engagement signé pour 10 ans, a décidé Fredericton.

Cette fin de non-recevoir aux doléances des deux communautés, qui trouvent que cette facture est difficile à assumer, n’a certainement pas été la meilleure des nouvelles pour les maires Kevin Haché, de Caraquet, et Roger R. Chiasson, de Bas-Caraquet.

«Ça n’a pas fait lever le party c’est certain, a confirmé M. Chiasson avec un brin d’humour. On aurait pu mettre cet argent ailleurs dans le développement économique du village. Le gouvernement vérifie chaque dépense et est à cheval sur l’argent qu’il accorde. On comprend ça, mais il nous a donné un non catégorique. Mettons que le moment n’était pas bon de notre part. On va réessayer plus tard.»

Les deux communautés de la Péninsule acadienne avaient signé une entente de participation financière d’une durée de 10 ans lorsque le gouvernement Gallant s’était porté acquéreur de cette infrastructure, alors en sérieuses difficultés financières.

Pour Caraquet, un montant de 80 000$ est certes important, admet M. Haché. Mais sur un budget de plus de 7 millions $, cela a un impact moins grand qu’à Bas-Caraquet, qui doit fournir la même somme, malgré un budget de 1,4 million $.

«Ça met pas mal plus de bâtons dans les roues de Bas-Caraquet que pour nous, a évalué le maire de Caraquet. Pour le développement économique et pour nos municipalités, nous avons demandé conjointement au gouvernement Higgs de voir s’il y avait lieu de couper ce montant, de l’échelonner sur plus longtemps ou encore qu’il nous en libère. Mais nous avons eu une lettre qui nous dit que nous avons signé cette entente et que nous devons la respecter selon ses termes.»

M. Chiasson a admis que son administration à Bas-Caraquet avait néanmoins prévu le coup, en réservant quand même 80 000$ pour ce projet dans son budget de 2019. Si Fredericton avait accepté la proposition, le village aurait réinvesti l’argent économisé dans le parc industriel.

«Il était dans notre intérêt de conserver le chantier naval. Nous avons donc embarqué à pieds joints. Nous avions espoir que si ça devenait rentable, le gouvernement allait nous aider dans le paiement. On voit que le chantier naval va bien actuellement. Le dossier est placé sur l’étagère, mais on ne le laissera pas accumuler de la poussière trop longtemps», promet-il, en rappelant la possibilité d’une prochaine campagne électorale plus tôt que tard en raison d’un gouvernement minoritaire.

S’il comprend qu’il faut respecter un contrat, Kevin Haché trouve curieux que les deux municipalités doivent continuer à donner de l’argent à une entreprise qui appartient au gouvernement.

«Je crois que nous sommes les deux seules municipalités de la province à faire ça. Il y a trois ans, nous étions pris à la gorge avec ce chantier naval et on ne voulait pas le perdre. Mais là, il semble bien fonctionner. On a proposé des solutions, en tant que partenaires. Alors, est-ce que ces montants de notre part sont toujours de mise? C’est là qu’on a demandé au gouvernement d’évaluer d’autres options. On veut toujours participer au développement économique de nos communautés. Caraquet et Bas-Caraquet, c’est comme de la famille. Mais ce 80 000$, ça fait mal», admet le maire de Caraquet.

La contribution des deux municipalités à la relance de l’industrie navale est passée de 40 000$ sur 10 ans, en 2010, à 80 000$ sur 10 ans en 2016, lors de la prise en charge par le gouvernement Gallant. Le coût de cette relance a bondi de 22,7 millions $ en 2009 à plus de 28 millions $ en 2018. Ottawa a injecté 10 millions $ dans ce projet et un nouveau ber cavalier a été installé en 2017.