Le N.-B. aura deux jeunes ambassadrices de la langue française

Maude Lévesque et Sarah Mowat, deux jeunes Néo-Brunswickoises, s’envoleront cet été à Victoria pour participer au Forum national des jeunes ambassadeurs (FNJA). Une formation intensive les attend afin de les préparer au poste d’ambassadrices du français.

Du 11 au 16 août, plus de 30 adolescents du pays assisteront à cet évènement annuel organisé par l’organisme Français pour l’avenir. La 16e édition du FNJA se déroule en Colombie-Britannique cette année, en partenariat avec le Département de français de l’Université de Victoria.

Ces jeunes suivront une formation intensive dans le but de devenir de fins ambassadeurs de la langue française. Ils seront amenés à développer des habiletés telles que le leadership et la gestion de projets. La question du bilinguisme fait partie du Forum, enjeu majeur qui anime les discussions tant au Nouveau-Brunswick qu’à la grandeur du Canada.

De retour chez eux, ces jeunes auront pour mission de promouvoir la langue française et le bilinguisme au sein de leur établissement scolaire durant une année. Ils seront aussi mandatés d’organiser des activités touchant le français.

Sarah Mowat a 16 ans et fréquente une classe d’immersion française au Bernice MacNaughton High School, à Moncton. Elle est anglophone et francophile.

«Je crois que le bilinguisme c’est quelque chose de très important», dit-elle.

Elle se considère choyée de participer au FNJA. «On devrait montrer surtout aux plus jeunes que c’est primordial de maîtriser le français», continue-t-elle.

Sarah est née de deux parents anglophones et explique que cet amour de la langue française, elle le tient de sa mère qui a eu une grande influence sur elle.

«Elle m’a toujours montré des belles choses qui viennent avec la culture, par exemple le 15 août quand tu t’habilles avec les couleurs du drapeau de l’Acadie», explique Sarah.

La première chose que l’adolescente aimerait accomplir pour promouvoir le français dans son école, est de lui faire une plus grande place  dans les informations transmises aux élèves, notamment sur les affiches.

Maude Lévesque  accorde elle aussi une place de choix à la préservation du français au Nouveau-Brunswick. La jeune fille de 17 ans, originaire de Memramcook, pense qu’il faut changer les choses pour que les francophones aient davantage leur place dans la société.

«Notre langue langue n’est pas autant respectée», déplore-t-elle.

Dans son vidéo de présentation pour le FNJA, elle parle de la Fête nationale de l’Acadie, où les gens sont fiers d’être francophones. Mais dans la vie de tous les jours, la situation est tout autre.

«À Moncton, on a souvent tendance à parler en anglais, mais on devrait avoir l’option de parler en français aussi», dit-elle.

Maude explique que certaines personnes croient que les francophones cherchent à être supérieurs, ce qui n’est pas le cas.

«En fait, on est juste comme les autres. On ne veut pas prendre plus que ce qu’on a, on ne veut pas être supérieurs, on veut juste être égaux.»

Rétablir les relations entre les communautés

Lors de son retour à la suite du FNJA, Maude souhaite créer un compte sur les réseaux afin de rejoindre un nombre considérable de personnes. Un compte destiné à lancer la conversation.

À l’aide des réseaux sociaux, elle a aussi pour ambition d’organiser des évènements au sein de la communauté afin d’unir francophones, bilingues et anglophones. L’effet de symbiose est au coeur de ses préoccupations.

Selon Maude, des tensions existent toujours au Nouveau-Brunswick entre les deux groupes linguistiques. Les francophones sont parfois gênés de parler en français devant les étrangers.

«Souvent, quand je vais avec mes amis au centre commercial, on a tendance à juste parler en anglais entre nous, même si on est tous des francophones», lance-t-elle.

Maude associe cela à la peur du jugement.

Elle mentionne que les anglophones ont eux aussi parfois peur de parler en français lorsqu’ils sont près des francophones.

«Ils ont peur qu’on juge leur français, mais nous on est juste contents qu’ils fassent un effort.»

Elle se dit très heureuse de participer au FNJA, une occasion de constater la situation du français dans les autres communautés francophones qui sont encore plus minoritaires.

Maude Lévesque avait déjà participé à Destination Clic durant deux années de suite. Le programme de trois semaines s’adresse aux jeunes francophones de 8e et 9e années en dehors du Québec. Destination Clic a lieu à Ottawa, Moncton, Rimouski et Trois-Rivières et a également pour mission de promouvoir le français.