Manque à gagner de 145 000$ à la Ville de Caraquet

Question quiz: à quand remonte le dernier déficit de la Ville de Caraquet? Il faudra maintenant changer la réponse pour 2018.

Un hiver particulièrement difficile a fait en sorte que la municipalité du maire Kevin Haché a terminé l’année financière 2018 avec un manque à gagner de tout près de 145 000$ au fonds de fonctionnement de l’administration générale de 7,11 millions $.

Une neige hâtive et de nombreuses tempêtes ont entraîné un dépassement des coûts estimés dans plusieurs catégories. Les données montrent 40 000$ de plus en calcium et abrasif, près de 50 000$ de plus uniquement en carburant diesel et au-delà de 37 000$ en location et contrat, puisque l’équipe et la machinerie de la Ville n’a pu fournir à la demande exceptionnelle. À cela s’ajoute une somme non prévue de 39 000$ dans la réparation des équipements abîmés durant la saison morte.

«Ça fait plusieurs années que la ville n’a pas connu un déficit», a avoué le maire, qui ne se souvenait même pas la dernière fois que c’était arrivé.

La neige n’a pas un coût fixe. C’est plus dispendieux à la déblayer si elle tombe pendant la fin de semaine, en soirée ou durant les jours fériés – comme Noël – que si elle tombe de 9h à 17h du lundi au vendredi, a noté M. Haché.

«On va augmenter notre budget de déneigement, mais tout dépend de l’hiver que l’on connaît. Nous venons de traverser un hiver très dur et ça nous a pris de court un peu. À Caraquet, à cause du vent, il faut déplacer la même neige à plusieurs reprises. Heureusement, nous avons été chanceux et nous n’avons pas eu besoin de l’entreposer», a-t-il assuré.

La Loi sur les municipalités du Nouveau-Brunswick oblige un village ou une ville à effacer un déficit le plus rapidement possible. Elle accorde une période de deux budgets pour y arriver. Selon le maire, ça ne sera pas un problème pour Caraquet.

«Ça ne nous inquiète pas, parce que la municipalité fonctionne bien et notre assiette fiscale continue de grimper (386 millions $ en 2019, une hausse de 2,5% par rapport à l’année précédente). On a aussi d’autres entrées d’argent. Ce serait inquiétant si jamais il n’y avait pas de développement ou que notre ville stagnait. Il faudrait alors augmenter la taxe foncière afin de récupérer cette somme. Mais malgré ce déficit, il n’y aura pas de hausse de taxe», a-t-il précisé.

Les taux d’endettement de 13% pour le fonds de fonctionnement de l’administration générale et de 25,5% pour le fonds de fonctionnement pour l’eau et les égouts sont bien en deçà des taux maximums permis par la province (25% et 50% respectivement). Le taux de taxe foncière, à 1,5017$ par 100$ d’évaluation, est demeuré stable pour un budget de 7,34 millions $.

La Ville avait déjà avisé ses citoyens de la possibilité d’un déficit en février, en raison de la neige. Elle venait de traverser un mois de janvier record en frais de carburant pour ses déneigeuses (40 000$, soit 9000$ de plus que la précédente marque de janvier 2018). Elle estimait un déficit de près de 150 000$ à ce moment.

Et justement, à quand remonte le dernier déficit à Caraquet? La réponse: 2008, avec un carnet rouge de 35 800$ sur un budget de 4,44 millions $.