Un mois de prison par véhicule vandalisé pour Rodolphe Soucy

Trouvé coupable le mois dernier d’avoir vandalisé treize véhicules appartenant à des employés du Centre Hospitalier Restigouche (CHR), Rodolphe Soucy vient d’être condamné à deux ans d’emprisonnement moins le temps déjà purgé.

Au final, l’accusé purgera l’équivalent d’un mois de prison pour chacun des véhicules endommagés. C’est quatre fois moins que ce que réclamait la poursuite.

Les gestes remontent au 15 octobre 2018. Dans un excès de rage, M. Soucy – qui venait de se voir refuser l’accès au CHR à son retour d’une fugue de quelques heures – a vandalisé plusieurs véhicules garés dans le stationnement situé à proximité de l’établissement psychiatrique. Ces véhicules appartenaient aux employés du CHR.

L’individu âgé de 37 ans a également fracassé des fenêtres du lobby de l’établissement et endommagé une fourgonnette appartenant à la Corporation hospitalière. Les policiers ont procédé à son arrestation dans le stationnement du CHR, seul, en sueur et essoufflé. Au poste, ce dernier a complètement déchiqueté un matelas. La valeur totale des méfaits tournerait autour des 15 000$.

Au Palais de justice de Campbellton, la Couronne a recommandé au juge Ronald LeBlanc d’opter pour un terme d’incarcération de 56 mois, donc quatre mois par chef d’accusation de méfaits. Pour la procureure de la Couronne dans ce dossier, Me Andrée Poitras, le lourd passé judiciaire de l’accusé (40 infractions depuis 2002, dont sept de méfait) démontre que l’accusé n’a pas appris de ses erreurs. En ce sens, elle croit qu’une peine sévère s’imposait comme message dissuasif, tant pour lui que pour la population générale.

«En l’espace d’une quinzaine de minutes à peine, M. Soucy a causé pour plusieurs milliers de dollars en dommage. Quatorze victimes différentes ont subi des préjudices financiers et moraux» a indiqué Me Poitras, plaidant pour que les peines sur chacun des chefs soient imposées de façon consécutive (et non concurrente) pour illustrer la gravité des crimes commis cette soirée.

Selon la procureure, M. Soucy n’aurait fait preuve d’aucun remords face aux gestes commis contre les véhicules. Elle estime les risques de récidives élevés.

De son côté, M. Soucy – qui s’est représenté seul à son procès – a notamment évoqué avoir vécu une enfance difficile et développé au fil des ans des problèmes de santé mentale. À cela s’ajoute un accident de travail, la prise de médicaments et de drogue et le décès de sa conjointe. Tous ces éléments auraient eu, selon ses dires, des impacts négatifs sur ses choix de vie.

L’homme originaire de Sainte-Anne-de-Madawaska a du coup suggéré au juge d’être remis en liberté avec période de probation. Il a basé sa recommandation compte tenu du fait qu’il est détenu provisoirement depuis octobre 2018 et que son procès a été repoussé à quelques reprises en raison de problèmes de traduction.

Dans sa décision, le juge LeBlanc a d’emblée qualifié la suggestion de la Couronne d’excessive. Il a néanmoins noté que le grand nombre de véhicules endommagés, les répercussions chez les victimes et le lourd passé de l’accusé ne pouvaient être ignorés.

Du coup, il a condamné le prévenu à deux ans de prison pour chacun des chefs, mais ceux-ci devant être purgés de façon concurrente (ce qui équivaut donc à 24 mois). En soustrayant l’incarcération provisoire, il reste ainsi un total de 13 mois d’emprisonnement. À cette sentence se greffe une période de probation de 18 mois où M. Soucy devra garder la paix et faire preuve de bonne conduite. Il lui sera également interdit d’approcher ses victimes ainsi que le stationnement du CHR. Aussi, il devra suivre une thérapie de gestion de la colère.