Accueillir un élève de l’international pendant un an, ça vous tente?

Mine de rien, l’accueil d’élèves issus d’autres pays a fait du chemin au Nouveau-Brunswick dans la dernière décennie.

Chantal Laviolette, coordonnatrice du programme des élèves internationaux du Nouveau-Brunswick dans la région de Moncton et Dieppe, explique que plusieurs familles du coin accueillent des enfants de l’Amérique du Sud, de l’Europe et d’ailleurs.

Ces jeunes viennent au Nouveau-Brunswick pour apprendre le français.

«On a des demandes qui arrivent de partout à travers le monde. Quand ça a commencé il y a une dizaine d’années, on avait peut-être 7 ou 8 élèves internationaux qui voulaient être placés dans des familles à travers la province. Mais maintenant, on en a 75», dit Chantal Laviolette, qui a elle-même participé au programme.

Elle a reçu Alexa, une jeune Mexicaine de 11e année, qui a habité chez elle pendant un an.

«On reçoit beaucoup d’Allemands, d’Italiens, des jeunes de la Suisse, de la Suède et de la Norvège», affirme la coordonnatrice.

Mais qu’est-ce qui pousse ces familles à accueillir un nouvel enfant au sein de leur foyer, parfois pour de longues périodes?

Pour Marie-Claude Bernard, de Dieppe, il s’agit de nouer des liens avec ces jeunes et de leur faire découvrir la région.

Les Bernard ont accueilli Andrea Roman Rios, âgé de 13 ans, originaire du Mexique.

De gauche à droite: Tim Scott, Marie-Claude Bernard Scott, Matteo Scott et Andrea Roman Rios. – Gracieuseté

«On adore notre expérience. Andrea habite avec nous depuis novembre, et elle part le 25 juin. C’est comme une membre de notre famille. Je pense que le départ va être difficile. J’ai un petit garçon de 2 ans qui l’aime beaucoup et qui va la chercher pendant quelques semaines lorsqu’elle sera partie», dit Marie-Claude.

Ils ont tellement aimé héberger la jeune Mexicaine que cela leur a donné le goût de répéter l’expérience.

Ils accueilleront un jeune Allemand du nom de Benjamin dès la fin août.

«On communique déjà avec lui par courriel», dit la mère.

Ces élèves veulent découvrir leur pays d’accueil, explique-t-elle.

«Andrea a visité Hopewell Rocks, on a parcouru le Village historique acadien la fin de semaine dernière, et on est allés à l’Île-du-Prince-Édouard pour visiter la maison aux pignons verts.»

Marie-Claude Bernard encourage les familles à se lancer dans cette aventure. Pour elle, l’apprentissage est réciproque. En plus, la famille s’est liée d’amitié avec celle d’Andrea, au Mexique.

Nathalie Auclair, également de Dieppe, a vécu une expérience similaire.

Elle a accueilli des étudiantes du Mexique et de l’Italie au cours des dernières années.

Malgré une période d’adaptation, durant laquelle la gêne s’est dissipée, la jeune Mexicaine du nom de Coral a réussi à faire sa place au sein de la famille Auclair.

Aujourd’hui, elle communique presque quotidiennement avec son ancienne mère d’accueil.

L’Italienne Lavinia Ferri s’est adaptée un peu plus rapidement.

«Elle et mes deux filles étaient comme trois soeurs», note Nathalie.

Les familles d’accueil reçoivent 725$ par mois du Programme des élèves internationaux, ce qui leur permet de couvrir les frais de nourriture et de logement.

La coordonnatrice Chantal Laviolette explique que la demande augmente et qu’elle cherche toujours plus de familles.

Entretemps, le programme d’accueil se fait découvrir à l’international sans trop d’effort.

«Les jeunes qu’on a accueillis deviennent nos ambassadrices et ambassadeurs, parce qu’ils retournent dans leur pays et parlent de nous. Souvent, leurs petits frères et leurs petites soeurs font aussi les démarches pour venir au Nouveau-Brunswick.»