Influence des groupes d’intérêts sur les élections: Higgs veut resserrer les règles

Le premier ministre Blaine Higgs  veut resserrer les règlements entourant la participation des tierces parties durant les élections alors le Parti libéral accuse les progressistes-conservateurs d’avoir collaboré avec l’un de ces groupes aux tendances de droite.

En politique, ceux que l’on appelle les tierces parties sont des groupes organisés qui tentent d’influencer les électeurs durant les campagnes électorales en prenant publiquement position pour ou contre un parti politique ou en s’exprimant sur des enjeux.

Au Nouveau-Brunswick, les tierces parties doivent s’enregistrer auprès d’Élections NB et respecter plusieurs règles, notamment en ce qui concerne leur financement.

La participation de ces groupes ne fait cependant pas l’unanimité dans le paysage politique, comme en témoigne le premier ministre Higgs.

«C’est une autre façon pour les groupes d’intérêts de canaliser leur énergie et leurs revenus à l’extérieur du processus politique et cela ne devrait pas être permis», a-t-il mercredi.

M. Higgs n’avait d’ailleurs pas du tout aimé faire l’objet d’une campagne de publicité négative de la part du Syndicat canadien de la fonction publique lors de la dernière campagne électorale.

Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les progressistes-conservateurs avaient proposé d’interdire la participation des tierces parties durant les élections.

Le premier ministre promet maintenant de resserrer les règlements les concernant.

«Je crois que nous devons mettre en place une structure qui ne permet pas que de l’argent soit dépensé pour influencer une élection. C’est ce que nous devons faire», a-t-il affirmé.

Blaine Higgs pourrait présenter un projet de loi après la pause estivale. Il veut cependant attendre de voir ce que fera le gouvernement fédéral qui s’apprêterait à agir en la matière afin de s’en inspirer.

La question des tierces parties a été soulevée par l’opposition officielle, mercredi, à l’Assemblée législative.

Selon le député Rob McKee, plusieurs proches du Parti progressiste-conservateur auraient potentiellement collaboré avec le groupe Proudly New Brunswick (Fièrement Nouveau-Brunswick).

Le député libéral Robert McKee. – Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau

Le groupe s’est notamment fait connaître durant les dernières élections pour avoir envoyé des messages textes non sollicités contre les libéraux à des citoyens de la province.

Le rapport de dépenses publicitaires déposé par Proudly New Brunswick auprès d’Élections NB contient notamment les noms d’un ancien employé de M. Higgs alors qu’il était ministre des Finances et d’une firme d’avocat proches des progressistes-conservateurs, d’après M. McKee.

Cela lui fait dire qu’il aurait peut-être eu de la collusion entre le parti du premier ministre et Proudly New Brunswick durant les élections, ce qu’a catégoriquement nié M. Higgs.

«La Loi sur le financement de l’activité politique empêche les tiers de faire de la collusion avec les partis politiques», a prévenu Robert McKee durant la période de questions.

Le député libéral a lui aussi plaidé pour un resserrement des règlements entourant les tierces parties.

«Nous ne pensons pas qu’il soit correct que des parties de l’extérieur de la province puissent exercer autant d’influence ici au Nouveau-Brunswick.»

«Ils peuvent, par exemple, dépasser les limites de dons, et il n’y a pas vraiment de conséquences. Ça permet à un petit nombre de personnes qui ont les poches pleines et qui ne paient pas d’impôt au Nouveau-Brunswick d’avoir un impact sur le résultat d’une élection», a-t-il dit.

Dans son rapport de dépenses, Proudly New Brunswick affirme avoir été financé par le Modern Miracle Network et la Manning Foundation. Le groupe dédié à la promotion des énergies fossiles et l’organisation fondée par l’ancien chef du Parti réformiste du Canada sont tous les deux basés à Calgary, en Alberta.