Grands pollueurs: le gouvernement Higgs prépare son alternative au plan fédéral

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’apprête à dévoiler son alternative au plan fédéral de tarification des émissions des industries les plus polluantes.

Le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux doit présenter à la presse jeudi son nouveau système de tarification fondé sur le rendement des grands émetteurs de carbone.

Jeff Carr a confié mercredi que le mécanisme allait obliger ces industries à réduire leurs émissions de carbone et à payer pour ce qu’elles émettent.

L’argent recueilli sera investi dans des initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a-t-il dit.

Une dizaine d’installations seront soumises au système de tarification dont la raffinerie d’Irving Oil à Saint-Jean, la centrale électrique au charbon d’Énergie NB à Belledune et l’usine de pâte à papier AV Nackawic.

Le plan assurera une diminution des émissions de gaz à effet de serre supérieure à l’objectif fédéral de réduction de 30% en deçà du niveau de 2005 envers lequel les progressistes-conservateurs se sont déjà engagés, a mentionné le ministre.

Jeff Carr  n’a cependant pas précisé si son plan permettra d’atteindre l’objectif plus ambitieux prévu dans la Loi provinciale sur les changements climatiques et qui limite les émissions de gaz à effet de serre du Nouveau-Brunswick à 10,7 mégatonnes en 2030.

Fredericton mettra seulement en oeuvre son système de tarification des grands émetteurs si Ottawa l’accepte en guise de remplacement au système fédéral.

Le précédent gouvernement libéral avait décidé de laisser le fédéral taxer les grands émetteurs au lieu d’imposer son propre système.

«Nous sommes en train de mettre au point une option qui a de très bonnes chances d’être acceptée. C’est très comparable aux autres (systèmes) soumis par d’autres provinces et qui ont été acceptés par Ottawa», selon M. Carr.

Le plan néo-brunswickois s’inspire notamment de ceux de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Saskatchewan, a-t-il dit.

Le système comprend notamment une tarification des grands émetteurs selon leur rendement en comparaison à d’autres installations similaires ailleurs au pays.

Selon lui, ce nouveau plan est mieux adapté aux réalités des industries néo-brunswickoises que le mécanisme fédéral.

«Ce plan maintient la compétitivité unique du Nouveau-Brunswick tout en s’occupant des grands émetteurs de la province.»

La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, la députée libérale Cathy Rogers, est d’avis que la réglementation des émissions sans tarification est insuffisante pour lutter contre le réchauffement de la planète.

«Nous avons toujours eu des règlements et ça n’a pas vraiment permis de réduire notre empreinte carbone. Nous devons réduire notre empreinte carbone afin d’atténuer l’impact des changements climatiques.»

Le chef du Parti vert, David Coon, craint quant à lui que le plan des progressistes-conservateurs ne soit qu’une version édulcorée du plan fédéral qui ne va déjà pas assez loin selon lui.

La tarification des grands émetteurs est différente de la taxe fédérale sur le carbone qui est facturée directement aux consommateurs lors de l’achat de combustibles fossiles comme l’essence ou le gaz naturel. La taxe fédérale demeurerait en place même si Ottawa accepte le plan provincial pour les grands émetteurs.