Les services aux immigrants francophones ne sont pas assez connus

L’accès à l’information qui pourrait aider les immigrants francophones en Atlantique est difficile à obtenir. Voilà ce que dévoile un rapport rendu aujourd’hui par la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML).

Rassemblés à l’Université de Moncton, la SNA et ICRML ont ressorti les grandes lignes de la première partie du rapport intitulé Réussir la rencontre. Les francophones nés à l’étranger et installés au Canada atlantique.

Le sondage a été réalisé à l’automne 2018 et mené auprès de 400 francophones nés à l’étranger et installés en Atlantique. Plus des trois quarts des gens sondés, soit 300 personnes, résident au Nouveau-Brunswick.

Huit thèmes ont été abordés pendant l’étude: le parcours, l’accueil, l’intégration, l’établissement, les langues, la famille, l’éducation et le travail.

Le rapport de 300 pages avait pour objectif de mieux connaître les francophones venus d’ailleurs qui vivent maintenant en Atlantique. Les chercheurs ont voulu connaître les expériences vécues par ces immigrants, entre autres, leur représentation de la société d’accueil.

Christophe Traisnel, professeur à l’Université de Moncton et chercheur associé à ICRML a insisté sur un point important.

«Il n’y a pas de bonnes, ni de mauvaises communautés d’accueil, ni de bons ou de mauvais immigrants».

Il parle de rencontres «plus ou moins réussies entre les uns et les autres».

Il suffit d’en entendre parler

Malgré une gamme de services disponibles pour les nouveaux arrivants, l’accès à l’information n’est pas optimal selon l’ICRML. Les gens ne sont pas toujours au fait que ces services existent.

Les services d’accueil aux immigrants sont beaucoup plus présents dans le paysage du Grand Moncton qu’autrefois.

«La densité des services d’accueil a considérablement évolué», confirme M. Traisnel.

Les services ne manquent pas. Ils ne se rendent simplement pas à l’oreille de tous les immigrants francophones qui s’établissent dans les provinces de l’Atlantique.

«Des personnes nous ont raconté avoir découvert les services d’accueil dans leur région quatre ans après s’être installées», continue-t-il.

Les nouveaux arrivants vivent des peurs et des angoisses.

«Tout comme monsieur et madame tout le monde, l’immigrant est confronté à trouver un job. Mais en plus, il y a une couche de défis supplémentaires», mentionne M. Traisnel.

Beaucoup d’entre eux arrivent par la filière scolaire. Au début, les immigrants qui s’installent ont un statut temporaire. Par exemple, un étudiant international ou un touriste qui tombe en amour.

Cette personne pourrait avoir envie de rester un peu plus longtemps que prévu sur le territoire.

«Il y a une inquiétude, une angoisse, ils ont besoin d’un grand service d’accompagnement dans leur démarche administrative», explique Christophe Traisnel.

«Dans les expériences qu’on nous a racontées, les gens ne savent pas à qui s’adresser».

Des enjeux de communication sont devenus des enjeux de promotion

Le rapport dévoile une sous-utilisation des services. Mais «les immigrants qui ont utilisé les services sont en grande majorité satisfaits», lance Dominique Pépin-Filion, chercheur pour l’ICRML.

L’accueil des immigrants se déroule somme toute bien selon le ICRML. «Les nouveaux arrivants nous disent qu’ils sont bien accueillis à Moncton».

Dominique Pépin-Filion stipule même qu’ils sont relativement bien intégrés à la société.

La deuxième partie du rapport devra être publié en automne. La recherche se consacrera sur la rétention des immigrants francophones en Atlantique.

L’ICRML s’est donné pour mission de trouver ce qui attire les immigrants à poser un pied à terre en Atlantique, les retient ou les incite à plier bagage.

«Se déplacer, quitter, s’installer ailleurs n’est pas un fleuve tranquille, c’est toute une aventure», confie Christophe Traisnel.

Les chercheurs de l’ICRML ont voulu créer une boîte à outils pour que chacun puisse y trouver son compte. Christophe Traisnel, professeur à l’Université de Moncton et chercheur associé à l’ICRML.